Japon · 1884–
Mitsubishi Heavy Industries
Mitsubishi Heavy Industries (MHI) est le grand conglomérat japonais d'ingénierie lourde dont le siège est à Tokyo et, pour ce qui intéresse ce portail, le constructeur aéronautique et spatial le plus important du Japon. Sa lignée remonte à 1884, lorsque Iwasaki Yatarō, fondateur de Mitsubishi, prit à bail le chantier naval d'État de Nagasaki, une installation dont les origines remontent à la fonderie que des ingénieurs néerlandais commencèrent à édifier en 1857 à la demande du shogunat Tokugawa. L'aviation entra dans la maison en 1920 avec une filiale de moteurs à Nagoya qui prit en 1928 le nom de Mitsubishi Aircraft et fut intégrée en 1934 à la toute nouvelle Mitsubishi Heavy Industries. De ses bureaux sortirent quelques-uns des avions japonais les plus célèbres de la Seconde Guerre mondiale : le chasseur embarqué A5M, le légendaire A6M Zero, les bombardiers G3M et G4M ou le bombardier lourd de l'Armée Ki-21. Après la défaite, la dissolution des zaibatsu scinda l'entreprise en trois en 1950 ; les trois morceaux se réunirent en 1964. Entre-temps, MHI revint à l'aéronautique en fabriquant sous licence des chasseurs américains et en concevant son premier avion d'après-guerre, le bimoteur MU-2. Viendraient plus tard le F-15J, dont elle construisit 139 exemplaires, les avions de conception nationale T-2, F-1 et F-2, et une longue collaboration comme fournisseur de grandes structures pour Boeing. Dans l'espace, MHI est le maître d'œuvre des lanceurs japonais à propergols liquides : H-II, H-IIA, H-IIB et l'actuel H3, et depuis 2007 elle assure les lancements en tant qu'opérateur privé. Son grand pari civil, le jet régional MRJ, rebaptisé SpaceJet, accumula les retards pendant plus d'une décennie et fut annulé en février 2023, un épisode qui marque l'histoire récente de l'entreprise.
Mitsubishi Heavy Industries dans l’actualité

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Histoire
Un chantier naval du shogunat
L'histoire de Mitsubishi Heavy Industries commence sur un quai de Nagasaki. En 1857, à la demande du shogunat Tokugawa, un groupe d'ingénieurs néerlandais, parmi lesquels l'ingénieur naval Hendrik Hardes, arriva dans la ville avec des machines et des matériaux pour y construire une fonderie à l'occidentale, à côté du comptoir hollandais de Dejima. Cette Nagasaki Yotetsusho, conçue comme le premier atelier de réparation de navires de guerre du pays, fut redessinée en 1860 en forge sous le nom de Nagasaki Seitetsusho et achevée en 1861. En 1868, elle passa aux mains du nouveau gouvernement Meiji et, en 1879, elle inaugura sa première cale sèche.
1884 : Mitsubishi entre en scène
Le tournant arriva en 1884. Iwasaki Yatarō, fondateur de Mitsubishi, prit les installations à bail auprès de l'État, les rebaptisa Nagasaki Shipyard & Machinery Works et se lança dans la construction navale à grande échelle. La chronologie officielle du chantier situe cette fondation au 7 juillet 1884, et MHI elle-même présente cette année comme son origine. En 1887, Mitsubishi acheta le chantier en pleine propriété. Au cours des décennies suivantes, Nagasaki se couvrit de cales, de bassins et de grues, et en 1917 l'activité fut transférée à une société distincte, Mitsubishi Shipbuilding & Engineering. C'est pourquoi ce portail retient 1884 comme année de fondation : c'est le moment où naît l'organisation qui, au fil de changements de nom successifs, aboutit à l'actuelle MHI, tandis que 1857 correspond à l'installation du shogunat.
Les moteurs de Nagoya et Mitsubishi Aircraft
La branche aéronautique naquit séparément. En 1920, Mitsubishi créa à Nagoya une filiale de moteurs à combustion interne, Mitsubishi Nainenki, qui signa en 1925 un accord technologique avec l'allemand Junkers. L'année suivante, elle était déjà l'un des plus grands constructeurs aéronautiques du Japon, avec une production de 69 avions et 70 moteurs. En 1928, elle adopta le nom de Mitsubishi Aircraft pour refléter son nouveau rôle et, en 1932, elle participa au processus de concentration qui renforça l'arsenal aéronautique de la Marine impériale.

Ses premières conceptions propres furent des appareils embarqués, tels que le chasseur biplan 1MF de 1923 et le torpilleur triplan 1MT de 1922 ; le 1MF9 de 1927 perdit le concours face au Nakajima A1N, et le 1MF10 de 1933 était déjà un monoplan.
1934 : naissance de Mitsubishi Heavy Industries
En 1934, les deux branches s'unirent. Selon l'histoire japonaise de l'entreprise, Iwasaki Koyata, quatrième président du groupe, décida de fusionner construction navale et aviation pour assainir des filiales qui accumulaient les mauvais résultats : en avril, Mitsubishi Shipbuilding changea son nom en Mitsubishi Heavy Industries et, en juin, elle absorba Mitsubishi Aircraft. L'expression « industrie lourde » est attribuée à Koyata lui-même, qui l'aurait forgée à partir de l'anglais « Heavy Industries ». Cette même année, le chantier de Kobe fut intégré et, en 1935, l'entreprise absorba les chantiers de Yokohama. La nouvelle société fabriquait des navires, des machines lourdes, des avions et du matériel ferroviaire.
Les avions de la guerre du Pacifique
Dans les années précédant la guerre, Mitsubishi devint l'un des piliers de la production militaire japonaise, dont le volume passa de 400 avions en 1931 à 4 800 en 1941 et atteignit 24 000 en 1944. Une quarantaine de modèles sortirent de ses bureaux d'études pour l'Armée et la Marine impériales. La liste des avions de la maison date de 1935 le G3M, bombardier moyen et torpilleur bimoteur, et le chasseur embarqué A5M entra en service en 1936 ; l'Armée reçut en 1938 le bombardier lourd Ki-21 et le léger Ki-30. En 1940 arrivèrent l'A6M Zero, chasseur embarqué à grand rayon d'action, et le bombardier G4M ; en 1941, l'avion de reconnaissance Ki-46 ; en 1942, les chasseurs J2M Raiden et A7M Reppū ; et en 1944, le bombardier Ki-67 Hiryū. Le Zero fut développé à Komaki, le même site qui verrait naître, des décennies plus tard, le jet régional MRJ.

Le chantier de Nagasaki, pour sa part, livra en 1942 le cuirassé Musashi, et celui de Kobe construisit le paquebot Argentina Maru, transformé ensuite en porte-avions Kaiyō.
Dissolution et réunification
La défaite du Japon entraîna la dissolution des zaibatsu. En juin 1949, il fut ordonné de démanteler l'entreprise et, en janvier 1950, Mitsubishi Heavy Industries fut scindée en trois sociétés régionales : West Japan Heavy Industries, avec Nagasaki ; Central Japan Heavy Industries, avec Kobe ; et East Japan Heavy Industries, avec Yokohama. À la fin de l'occupation, le 28 avril 1952, l'interdiction d'utiliser les noms des anciens zaibatsu fut levée et, le 7 mai 1952, les trois sociétés adoptèrent de nouveau la marque Mitsubishi. Les frontières entre leurs catalogues s'estompèrent peu à peu et, malgré les critiques qui y voyaient le retour du zaibatsu, les trois fusionnèrent en 1964 pour former l'actuelle Mitsubishi Heavy Industries.
Le retour à l'aéronautique
Au cours des années 1950, l'entreprise revint à l'industrie aérospatiale. Pour les Forces d'autodéfense, elle fabriqua sous licence les chasseurs North American F-86 Sabre, Lockheed F-104 Starfighter et McDonnell Douglas F-4 Phantom II.
En 1956 débuta la conception du MU-2, premier avion propre à Mitsubishi depuis la guerre : un bimoteur à turbopropulseurs léger destiné à des missions civiles et militaires, qui effectua son premier vol le 14 septembre 1963. Cette même année, Mitsubishi céda à Mooney les droits de l'assembler et de le vendre en Amérique du Nord ; en 1965, une ligne ouvrit à San Angelo (Texas), qui recevait les grands composants du Japon, et en 1969, Mooney étant en difficulté, Mitsubishi reprit l'usine. La production américaine s'acheva en 1986 et le dernier exemplaire japonais fut terminé en janvier 1987, avec 704 unités au total, ce qui fait du MU-2 l'un des avions japonais d'après-guerre les plus réussis.
Chasseurs et hélicoptères pour la défense
Dans le domaine militaire, MHI a produit des avions de combat pour la Force aérienne d'autodéfense et des hélicoptères antisous-marins pour la Force maritime, ainsi que des moteurs, des missiles et des torpilles. Son catalogue comprend l'avion d'entraînement T-2 et les avions de combat F-1 et F-2. À partir de 1981, elle fabriqua sous licence 139 chasseurs F-15J et, à partir de 1989, 200 autres hélicoptères de la famille Sikorsky S-70, les Mitsubishi H-60. L'entreprise joue en outre un rôle important dans le système japonais de défense contre les missiles balistiques.
Fournisseur de Boeing
Dans l'aviation commerciale, MHI s'est imposée comme fabricant de grandes structures : panneaux de fuselage du Boeing 777 et caissons de voilure en matériau composite du 787. En juin 2014, elle a rejoint quatre autres grandes entreprises japonaises dans l'accord de fabrication de pièces du 777X. Ses installations aérospatiales se trouvent à Nagoya, à Komaki et à Mississauga, au Canada.
Lanceurs : de la licence au H3
L'activité spatiale suivit un chemin semblable à celui de l'aviation. Les lanceurs N-I, N-II et H-I furent construits sous licence McDonnell Douglas ; vinrent ensuite le H-II et son successeur, le H-IIA, développé et exploité par MHI avec la JAXA. Le H-IIA fit des débuts réussis le 29 août 2001 depuis Tanegashima. Le 1er avril 2007, la JAXA transféra à MHI la gestion et la production, et le vol 13, qui emportait la sonde lunaire SELENE, fut la première mission sous exploitation privée. La fusée cumula 50 lancements, dont 49 succès et une série de 44 consécutifs entre 2003 et 2025, avant d'être retirée du service le 28 juin 2025. Son dérivé H-IIB, doté de deux moteurs LE-7A au premier étage, effectua son premier vol le 10 septembre 2009 et fut retiré en 2020.

La relève est le H3, développé avec la JAXA et approuvé par le gouvernement le 17 mai 2013. MHI en est le maître d'œuvre, dirige l'assemblage final et a développé avec la JAXA la propulsion, dont l'élément clé est le nouveau moteur LE-9, conçu pour réduire le coût du lancement. Les problèmes du LE-9 retardèrent les débuts prévus pour 2021 : la première tentative de février 2023 fut interrompue sur le pas de tir, et le vol du 7 mars 2023 fut perdu parce que le deuxième étage ne s'est pas allumé. Le 17 février 2024, le H3 réussit son premier vol. MHI vend en outre des services de lancement à des clients tels que la JAXA, l'institut coréen KARI, le centre spatial Mohammed bin Rashid ou Inmarsat, et participe à la Station spatiale internationale comme maître d'œuvre de vaisseaux cargo ; son catalogue spatial comprend le module Kibo et le véhicule de transfert H-II.
MRJ et SpaceJet : le pari manqué
Le 28 mars 2008, MHI lança officiellement le Mitsubishi Regional Jet, un biréacteur de 70 à 90 places, avec une commande initiale d'All Nippon Airways, et le 1er avril 2008, elle créa la filiale Mitsubishi Aircraft Corporation pour le développer et le fabriquer à Komaki. C'était le premier avion de ligne japonais depuis le YS-11. Le programme accumula les retards : le premier vol, prévu à l'origine pour 2012, n'eut lieu que le 11 novembre 2015, et une grande partie des essais fut transférée à Moses Lake, dans l'État de Washington. Quatre des cinq reports furent dus, au moins en partie, à des défaillances dans la documentation de certification.

L'avion fut rebaptisé SpaceJet et, pour le renforcer, MHI annonça le 25 juin 2019 le rachat du programme CRJ de Bombardier, dont l'unité fut rebaptisée MHI RJ Aviation Group. Les pertes de l'exercice 2020 et la pandémie de COVID-19 conduisirent à l'arrêt des essais en mai 2020 et au gel du programme en octobre. Le 6 février 2023, MHI annula définitivement le SpaceJet, renonça à entrer dans le secteur des avions de ligne commerciaux et liquida la filiale, rebaptisée en avril 2023 MSJ Asset Management Company. Les coûts du SpaceJet pesèrent même sur d'autres activités : l'entreprise abandonna en 2017 la fabrication de rames du train à sustentation magnétique SCMaglev.
Catalogue — Avions
- 1 avril 1939
Mitsubishi A6M Zero
Le Mitsubishi A6M fut le chasseur embarqué avec lequel la Marine impériale japonaise mena la guerre du Pacifique du début à la fin. Sa désignation officielle était « chasseur embarqué de Type 0 » (零式艦上戦闘機, rei-shiki kanjō sentōki), le zéro provenant du dernier chiffre de l'année impériale 2600 — 1940 — durant laquelle il entra en service ; ses propres pilotes l'appelaient Reisen ou Zero-sen. Lorsqu'en 1942 les Alliés adoptèrent un code de désignation pour les appareils japonais, ils lui attribuèrent le nom « Zeke », mais c'est simplement « Zero » qui s'imposa en Occident. Le programme naquit le 5 octobre 1937, lorsque la Marine transmit à Mitsubishi et à Nakajima le cahier des charges du prototype de chasseur embarqué 12-shi ; dès ce même mois d'octobre, elle le durcit à la lumière de l'expérience de son prédécesseur, l'A5M, en Chine : 500 km/h à 4 000 m, montée à 3 000 m en 9,5 minutes, deux canons de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,7 mm, radio et radiogoniomètre pour la navigation à long rayon d'action, une maniabilité non inférieure à celle de l'A5M et une envergure inférieure à 12 m afin de pouvoir opérer depuis des porte-avions. L'ingénieur en chef de Mitsubishi, Jiro Horikoshi, conclut que le cahier des charges n'était atteignable qu'à condition de rendre l'avion aussi léger que possible, et cette décision définit l'appareil : ni le pilote, ni le moteur, ni aucun autre point critique ne furent protégés, et l'on renonça aux réservoirs auto-obturants qui se généralisaient déjà chez les autres belligérants. Il en résulta un chasseur extraordinairement agile et l'un des monomoteurs au plus grand rayon d'action de la guerre — capable de rechercher l'ennemi à des centaines de kilomètres, d'engager le combat puis de regagner sa base ou son porte-avions —, mais aussi enclin à s'enflammer lorsqu'il était touché. Les deux premiers prototypes A6M1, dotés d'un moteur Mitsubishi Zuisei 13 de 580 kW (780 ch) et d'une hélice bipale, furent achevés en mars 1939 et le premier vola le 1er avril. La Marine suggéra de monter sur le troisième le Nakajima Sakae 12 de 700 kW (940 ch), et avec lui la version A6M2, achevée en janvier 1940, dépassa largement le cahier des charges initial. En juillet 1940, les premiers appareils arrivèrent en Mandchourie et, en août, entrèrent au combat au-dessus de Chongqing, où ils se révélèrent inaccessibles aux Polikarpov qui avaient tant compliqué la tâche de l'A5M ; le 13 septembre 1940, treize A6M2 sous le commandement du lieutenant Saburo Shindo, escortant vingt-sept bombardiers G3M, affrontèrent trente-quatre I-15 et I-16 chinois et revendiquèrent vingt-sept victoires sans perte propre. Dans sa forme la plus répandue des premières années, le Modèle 21, il mesurait 9,06 m de long, 12 m d'envergure et 3,05 m de haut, pour 22,44 m² de surface alaire, 1 680 kg à vide et 2 796 kg en charge ; il atteignait 533 km/h à 4 550 m, croisait à 333 km/h, grimpait à 15,7 m/s, avait un plafond de 10 000 m et un rayon d'action de 1 870 km, porté à 3 100 km en vol de convoyage avec réservoir largable. L'avantage ne dura pas. Lors des premiers combats, le Zero acquit sa réputation d'appareil imbattable en virage — Wikipédia en anglais lui attribue un ratio de victoires de douze contre un durant cette période —, mais dès le milieu de 1942, la combinaison de nouvelles tactiques et d'un matériel amélioré permit aux pilotes alliés de l'affronter à armes égales. Ils disposèrent pour cela de deux atouts : la manœuvre en ciseaux mise au point par John Thach, qui neutralisait la supériorité en virage en faisant travailler les appareils par paires, et l'A6M2 Modèle 21 du sous-officier Tadayoshi Koga, qui capota sur l'île d'Akutan (Alaska) et fut récupéré presque intact par les Américains en juillet 1942, ce qui permit d'étudier le chasseur en détail. S'y ajoutèrent des chasseurs conçus spécifiquement contre lui — le Grumman F6F Hellcat, le Vought F4U Corsair, le Lockheed P-38 Lightning — ainsi que les limites propres à sa conception : dépourvu d'assistance hydraulique aux ailerons et à la gouverne de direction, il devenait difficile à manier à haute vitesse. À partir du milieu de 1943, la dégradation de la formation des pilotes de l'aéronavale japonaise aggrava ce désavantage, et en juin 1944, lors de la bataille de la mer des Philippines, les escadrilles de Zero furent anéanties face à l'aviation embarquée américaine. Mitsubishi tenta de le maintenir à niveau jusqu'au bout : l'A6M7, doté d'un moteur Sakae 31 de 1 130 ch et d'un support ventral pour bombes de 250 kg, fut un remaniement en profondeur destiné à en faire un bombardier en piqué embarqué. Le successeur prévu, l'A7M Reppū, n'arriva jamais à temps, si bien que le Zero resta en première ligne jusqu'en 1945 et termina sa carrière comme appareil d'attaque suicide dans les opérations kamikazes de la dernière année de guerre. La production totale est généralement estimée à environ 10 939 exemplaires entre Mitsubishi et Nakajima, qui le fabriqua sous licence, bien que Wikipédia elle-même mentionne aussi les 10 934 appareils du rapport de l'USSBS : aucune source primaire détaillant la répartition par usine et par variante n'a été localisée, et ce chiffre doit être considéré comme attribué. De l'avion qui définit la puissance aéronavale japonaise subsistent aujourd'hui des pièces de musée — le National Air and Space Museum conserve un A6M5 Modèle 52 — ainsi qu'une présence culturelle persistante, des répliques construites pour Tora! Tora! Tora! jusqu'à la figure de Horikoshi devenue personnage de fiction.
- 4 mars 1954
Lockheed F-104 Starfighter
Le Lockheed F-104 Starfighter est un chasseur supersonique monomoteur américain, conçu comme intercepteur de jour de la « Century Series » de l'United States Air Force (USAF). Son concepteur, Clarence « Kelly » Johnson, responsable des Skunk Works de Lockheed, voulut aller à contre-courant de son époque : au lieu de chasseurs toujours plus gros et plus complexes, il proposa un avion petit, léger et simple, bâti autour d'un seul moteur très puissant, le turboréacteur General Electric J79, et optimisé pour monter, voler plus haut et plus vite que n'importe qui. Le résultat présentait une silhouette inimitable : un fuselage long et effilé et des ailes minuscules, droites et très minces, placées très en arrière et à dièdre négatif, sous un empennage en T. Le prototype XF-104 prit l'air le 4 mars 1954 et le chasseur de série entra en service dans l'USAF en 1958. Ce fut le premier avion de série à atteindre Mach 2, le premier à dépasser 100 000 pieds en décollant par ses propres moyens et le premier à détenir simultanément les records du monde de vitesse, d'altitude et de temps de montée. Il inaugura aussi le canon rotatif M61 Vulcan. Aux États-Unis, sa carrière fut brève : l'USAF préférait des appareils à plus grand rayon d'action et à plus forte charge, et le Starfighter resta cantonné à un rôle d'appui, même s'il dissuada l'aviation chinoise lors de la crise du détroit de Taïwan de 1958, fut déployé lors de la crise de Berlin de 1961 et effectua plus de 5 000 sorties de combat au Vietnam. Sa grande carrière se fit à l'étranger. Redessiné en F-104G, chasseur polyvalent tout temps, il fut choisi par l'Allemagne de l'Ouest en 1958, puis par le Canada, les Pays-Bas, la Belgique, le Japon et l'Italie ; les partenaires européens montèrent le plus grand programme industriel multinational connu jusque-là, et 2 578 exemplaires furent construits au total. Cette expansion eut deux zones d'ombre. La première : les pots-de-vin versés par Lockheed à des responsables politiques et militaires de plusieurs pays, révélés au milieu des années 1970. La seconde : son bilan de sécurité. En Allemagne, 292 appareils sur 916 et 116 pilotes furent perdus entre 1961 et 1989, et la presse le surnomma le « faiseur de veuves ». La dernière version, le F-104S construit par Aeritalia, servit en Italie jusqu'en 2004, et quelques exemplaires civils volent encore aujourd'hui en Floride.
Catalogue — Fusées
- 2026
H3-30
Le H3-30 est une configuration précise du H3, le lanceur japonais de moyenne capacité développé par la JAXA et Mitsubishi Heavy Industries pour succéder aux H-IIA et H-IIB. Les configurations du H3 s'identifient par deux chiffres et une lettre : le premier chiffre indique combien de moteurs LE-9 emporte l'étage central (deux ou trois), le deuxième combien de propulseurs d'appoint à poudre SRB-3 y sont accrochés (zéro, deux ou quatre) et la lettre finale désigne la coiffe, courte (S), longue (L) ou large (W). Le H3-30 est donc la version à trois moteurs LE-9 et sans aucun propulseur d'appoint à poudre. Cette combinaison en fait un cas singulier : en se passant complètement des propulseurs à propergol solide, le H3-30 est un lanceur entièrement à ergols liquides, avec de l'hydrogène et de l'oxygène liquides dans les deux étages. Sa masse au décollage est de 271 tonnes, très en deçà des 420 du H3-22 ou des 575 du H3-24, et avec la coiffe courte le véhicule mesure 57 m de hauteur pour un diamètre de 5,27 m. Le H3-30 a été conçu comme la variante à bas coût de la famille, destinée avant tout aux clients institutionnels. Il peut emporter jusqu'à 4 000 kg en orbite héliosynchrone pour environ 5 milliards de yens, à peu près la moitié du coût d'un H-IIA, avec l'intention déclarée de se hisser au niveau du Falcon 9 de SpaceX. Il vole depuis le complexe LA-Y2 du Centre spatial de Tanegashima.
Vidéos
Le saviez-vous… sur Mitsubishi Heavy Industries
- Quel avion était parfois appelé le « Jaguar japonais » ?
La comparaison renvoie au Mitsubishi T-2, dont la configuration rappelait nettement celle du Jaguar biplace, avec la même disposition générale. Le Japon alla…



