Russia’s 180-TON FLYING REACTOR — Inside the Radioactive Bomber Tu-95 LAL
Vidéo de la chaîne Quantum Arsenal sur Tupolev Tu-95, référencée sur sa fiche Above Ten Thousand. Durée : 27:26. Langue : anglais. Type de vidéo : Documentaire.
De quoi ça parle
Documentaire en anglais sur le Tu-95LAL, un Tu-95 modifié par le bureau d'études Tupolev qui a embarqué un réacteur nucléaire actif dans sa soute à bombes pour étudier la viabilité d'un bombardier à propulsion nucléaire. La vidéo compare aussi ce programme à son équivalent américain.
Contexte historique
Le narrateur situe le projet dans la guerre froide, lorsque les deux puissances voulaient des bombardiers capables de rester en vol pendant des jours près des frontières ennemies. Le carburant classique limitait l'autonomie et le ravitaillement en vol n'était qu'à ses débuts, si bien qu'un réacteur promettait une endurance quasi illimitée. Le Tu-95 a été choisi parce que sa soute centrale coïncidait avec le centre de gravité et que ses ailes offraient la portance nécessaire pour emporter le lourd blindage. Deux cycles de propulsion ont été étudiés : le cycle direct, qui faisait passer l'air par le cœur du réacteur et laissait un échappement radioactif, et le cycle indirect, avec un circuit fermé de métal liquide comme le sodium, qui a été retenu pour les bombardiers opérationnels.
Le réacteur du Tu-95LAL n'a jamais été raccordé aux turbopropulseurs Kuznetsov NK-12 : l'avion volait au carburant classique et le réacteur était porté à la criticité en vol pour mesurer le rayonnement atteignant le cockpit. Un blindage d'ombre a été appliqué, avec du plomb, de l'eau et du polyéthylène uniquement entre le réacteur et l'équipage, ainsi que des hublots en verre au plomb. Deux ingénieurs nucléaires à bord manœuvraient la console d'instrumentation. Entre mai et août 1961, l'avion a effectué 34 vols au-dessus du polygone de Semipalatinsk.
Chiffres clés
Selon la vidéo, le blindage a maintenu la dose directe dans les limites militaires sur de courtes périodes, mais le rayonnement se dispersait dans la structure et dans l'air, et le personnel au sol a subi une exposition importante. Le programme devait aboutir au Tu-119, dans lequel le réacteur aurait entraîné deux des quatre moteurs. Il a été abandonné en raison du risque d'accident avec dispersion radioactive, de la difficulté de manipuler du sodium liquide dans des nacelles soumises à des vibrations et, surtout, de l'arrivée des missiles balistiques intercontinentaux comme le R-7 et des sous-marins nucléaires. À titre de comparaison, le Convair NB-36H américain a embarqué un réacteur de 3 MW refroidi par air lors de 47 vols au-dessus du Texas et du Nouveau-Mexique au milieu des années 1950, avec une capsule d'équipage blindée de 12 tonnes.
