SpaceX Ditched an Entire Falcon Heavy To Launch NASA's Massive Probe To Europa!
Vidéo de la chaîne Scott Manley sur Falcon Heavy, référencée sur sa fiche Above Ten Thousand. Durée : 26:25. Langue : anglais. Type de vidéo : Documentaire.
De quoi il s'agit
Analyse de la mission Europa Clipper de la NASA à l'occasion de son lancement sur un Falcon Heavy configuré pour ne récupérer aucun de ses trois corps centraux. La vidéo explique pourquoi toute la capacité du lanceur était nécessaire, à quoi ressemblera la trajectoire jusqu'à Jupiter, comment la sonde est protégée contre les radiations et quels instruments scientifiques elle embarque.
Contexte historique
Europe est le deuxième des satellites galiléens. Pendant des siècles, elle n'a été qu'un point de lumière. Pioneer 10 a obtenu une première image floue avec un photopolarimètre, et les sondes Voyager ont révélé en 1979 une surface glacée et fracturée. La sonde Galileo a orbité autour de Jupiter à la fin des années 1990 malgré un problème d'antenne. Grâce à elle, le comptage des cratères a permis d'estimer que la surface a probablement moins de 60 millions d'années. Son magnétomètre a détecté une perturbation du champ magnétique de Jupiter attribuée à un océan salé sous la glace, maintenu liquide par le chauffage par effet de marée. Des panaches de matière éjectée de l'intérieur ont été observés par la suite. La mission devait initialement être lancée sur le SLS, qui aurait permis un trajet direct, mais un lanceur bien moins coûteux a finalement été choisi.
Chiffres clés
Au moment de se séparer de la fusée, la sonde pesait plus de six tonnes. Seules les sondes chinoises Chang'e 5 et 6, parties vers la Lune, pèsent davantage. Le Falcon Heavy l'a placée sur une trajectoire d'évasion avec une C3 d'environ 40 km²/s², soit un excès hyperbolique d'environ 6,3 km/s. Cela représente environ 3 km/s de moins que ce qui serait nécessaire pour aller directement vers Jupiter. C'est pourquoi elle survolera d'abord Mars puis la Terre, avant d'arriver à Jupiter en 2030, où elle profitera de survols de Ganymède pour se faire capturer. Pour réduire la dose de radiation, elle suivra une orbite excentrique avec des passages de quelques heures près d'Europe. Elle conserve par ailleurs son électronique critique dans un caisson blindé par 1 cm d'aluminium. Elle tire son énergie de grands panneaux solaires, alors que Galileo utilisait deux générateurs thermoélectriques à radioisotopes. Ses instruments sont un magnétomètre installé sur un mât d'environ 9 m, les capteurs de plasma PIMS, les caméras EIS, le système thermique E-THEMIS, le spectromètre MISE, un spectrographe ultraviolet, le spectromètre de masse MASPEX, l'analyseur de poussière SUDA et le radar REASON, capable de sonder jusqu'à environ 30 km sous la surface. Elle travaillera en parallèle avec la mission JUICE de l'ESA, centrée sur Ganymède et Callisto. L'auteur prévient que la sonde pourra difficilement prouver l'existence de la vie.
