Variante du Airbus A350
Airbus A350-800
Projet non construit : version raccourcie de l'A350-900, lancée en 2006 et abandonnée en septembre 2014 au profit de l'A330neo faute de clients.
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- 15 270 km
- Distance franchissable
Histoire
L'A350-800 était le plus petit membre de la famille A350 XWB et le seul qui n'ait jamais été fabriqué. La désignation existait déjà sur le premier A350, le dérivé de l'A330 qu'Airbus avait présenté au milieu de la décennie : dans ce schéma, le -800 était un appareil de 245 places conçu pour un rayon d'action d'environ 15 900 km. Lorsque le programme a été repensé en version XWB, le conseil d'administration d'Airbus a approuvé le 1er décembre 2006 le lancement industriel des trois versions, -800, -900 et -1000, selon un calendrier échelonné : le -900 devait être livré à la mi-2013 et le -800 douze mois plus tard. Dans la compétition pour les moteurs, General Electric a proposé son GEnx-3A87 de 390 kN pour le -800 et le -900, mais c'est Rolls-Royce qui a été choisi en décembre 2006 comme motoriste de lancement.
Le -800 était conçu comme le successeur et le complément de l'A330-200 sur les lignes long-courriers à moindre demande. Dans sa forme définitive, il mesurait 60,45 m de long, était dimensionné pour 276 passagers dans une configuration type à trois classes et promettait 15 270 km de rayon d'action pour une masse maximale au décollage de 259 t. On y est arrivé après un changement de cap en janvier 2010 : au lieu d'une variante optimisée, dotée de sa propre structure et de son propre train d'atterrissage, Airbus a décidé que le -800 serait un simple raccourcissement du -900 de base. Le fuselage perdait dix cadres, six devant l'aile et quatre derrière. Cette simplification accélérait le développement et permettait de relever de 11 t la masse maximale au décollage par rapport aux 248 t prévues, ce qui se traduisait par 3 t de charge utile en plus ou 460 km de rayon d'action en plus ; le prix à payer était une consommation « de quelques points » moins bonne, comme l'a reconnu John Leahy, directeur des opérations d'Airbus. La compagnie comptait alléger la structure au fil de la production, vers le vingtième appareil.
Sur le plan commercial, le -800 a bien démarré. Qatar Airways, qui allait devenir client de lancement du -900 et du -1000, en a commandé vingt en 2007 ; Hawaiian Airlines a annoncé en février 2008 une commande ferme de six appareils, et à la mi-2008 le carnet de commandes de la version atteignait 182 avions. À partir de 2010, cependant, les clients ont peu à peu basculé vers le -900, plus grand. CIT Group a annulé ses cinq -800 en juillet 2011 ; Afriqiyah Airways a transformé ses six en dix -900 en octobre 2012 ; Qatar a converti ses vingt en trois -900 et dix-sept -1000 en décembre 2012 ; AerCap/ILFC et Libyan Airlines ont échangé leurs -800 contre des -900 en janvier 2014, et en avril 2014 a disparu du carnet de commandes la commande de douze appareils signée par Air One et dont Alitalia avait hérité après la fusion des deux compagnies en 2009. Il restait ainsi 34 unités : huit d'Aeroflot, huit d'Asiana Airlines, six de Hawaiian, dix de Yemenia et deux du loueur AWAS. Airbus, pour sa part, faisait savoir depuis longtemps qu'elle n'avait aucun intérêt à construire la plus petite version.
Le coup fatal est arrivé en juillet 2014. Airbus a lancé l'A330neo au salon de Farnborough et Hawaiian a échangé ses six A350-800 contre autant d'A330-800neo, qu'elle recevrait à partir de 2019 ; la presse spécialisée y a vu la condamnation du -800, qui comptait encore 28 commandes de quatre clients. Le président d'Airbus, Fabrice Brégier, a déclaré qu'il pensait que tous les clients finiraient par passer à l'A350-900 ou à l'A330neo, et lors d'une conférence de presse en septembre 2014 il a confirmé que le développement de l'A350-800 était « annulé ». En décembre de cette année-là, Yemenia étant déjà passée au -900, seuls restaient enregistrés les huit appareils d'Aeroflot et les huit d'Asiana, deux compagnies qui avaient aussi des -900 en commande. Aeroflot et Airbus ont annoncé en janvier 2017 l'annulation de ses -800, et Asiana a ensuite négocié la conversion de ses huit -800 et d'un -1000 en neuf -900, ce qui a fait disparaître la dernière commande du modèle. La place que devait occuper le -800 a finalement été prise par l'A330-800neo.