Chronologie de l'aviation et de l'espace

Les grandes étapes de l'histoire aérospatiale, des pionniers à aujourd'hui.

Années 1910
  • 2 novembre 1917

    Immobilisation de la flotte de Dr.I après les accidents de Gontermann et Pastor

    Institutionnel — Après la rupture en vol de l'aile supérieure de deux triplans — celui de Heinrich Gontermann le 29 octobre et celui de Günther Pastor le 31 octobre 1917, tous deux mortels —, l'Idflieg immobilisa le 2 novembre l'ensemble de la flotte de Dr.I en service dans l'attente d'une enquête.

  • 28 novembre 1917

    Retour en service du Dr.I après le renforcement de l'aile

    Institutionnel — Après avoir renforcé les nervures de l'aile supérieure et amélioré le vernis imperméabilisant, l'Idflieg autorisa le retour en service du Dr.I le 28 novembre 1917 ; la production reprit au début de décembre.

Années 1930
  • 8 août 1934

    L'USAAC lance un appel d'offres pour un bombardier multimoteur

    Institutionnel — Le 8 août 1934, l'Aviation de l'armée américaine (US Army Air Corps, USAAC) lança un appel d'offres pour remplacer le Martin B-10 : il exigeait la capacité d'emporter une charge utile de bombes à 3 000 m d'altitude pendant 10 heures, à une vitesse de pointe d'au moins 320 km/h, avec un rayon d'action souhaité de 3 200 km. Le contrat devait se décider lors d'un « fly-off » à Wilbur Wright Field, Dayton (Ohio), opposant le projet de Boeing au Douglas DB-1 et au Martin Model 146 — la compétition qui donna naissance à l'appareil devenu le B-17.

Années 1950
  • 29 juillet 1958

    Création de la NASA (National Aeronautics and Space Act)

    Institutionnel — Le 29 juillet 1958, le président Eisenhower a signé le National Aeronautics and Space Act, la loi fédérale américaine qui a créé la NASA. Rédigé par le comité restreint de la Chambre des représentants sur l'astronautique et l'exploration spatiale, il est arrivé dans le sillage du lancement soviétique de Spoutnik. Jusqu'alors, l'exploration spatiale était surtout considérée comme une affaire militaire ; la loi a donné au programme américain un caractère civil.

  • 6 août 1959

    Dernière mission d'un B-17 en service actif dans l'USAF

    Institutionnel — Le 6 août 1959, un DB-17P guida par radio un QB-17G utilisé comme cible aérienne pour un missile AIM-4 Falcon tiré depuis un McDonnell F-101 Voodoo — la dernière mission opérationnelle d'un B-17 dans l'USAF, réalisée depuis la base de Holloman (Nouveau-Mexique). Une cérémonie de retrait fut organisée quelques jours plus tard et l'appareil rejoignit le musée Planes of Fame de Chino, en Californie. L'essentiel de la flotte avait toutefois déjà été retiré du service de première ligne de l'USAAF dès la fin de la guerre, en 1945.

Années 1970
Années 1990
  • 27 janvier 1994

    Création du bureau de programme JAST, origine administrative du F-35

    Institutionnel — Le département de la Défense des États-Unis signa la charte fondatrice du bureau de programme Joint Advanced Strike Technology (JAST), chargé de faire mûrir les technologies de cellule, de capteurs et d'armement qui sous-tendraient un futur chasseur tactique commun à l'Air Force, à la Navy et au Corps des Marines. Cette mission devint, environ dix-huit mois plus tard, le programme rebaptisé Joint Strike Fighter, dont est issu le F-35 Lightning II. Le bureau reprit également les travaux antérieurs des programmes ASTOVL et CALF, qui exploraient un remplaçant supersonique du Harrier.

  • 16 novembre 1996

    Boeing et Lockheed Martin sélectionnés pour la phase de démonstration de concept du Joint Strike Fighter

    Institutionnel — Le secrétaire à la Défense William J. Perry annonça au Pentagone que Boeing et Lockheed Martin seraient les deux industriels retenus pour la phase de démonstration de concept du Joint Strike Fighter. Lockheed Martin reçut un contrat à frais remboursables et honoraires fixes de 718,8 millions de dollars pour le X-35, et Boeing un contrat d'environ 661,8 millions pour le X-32. Chaque équipe devait construire deux démonstrateurs capables de valider les trois développements prévus : décollage et atterrissage conventionnels, décollage court et atterrissage vertical, et opération depuis porte-avions.

Années 2000
  • 17 janvier 2001

    Le Royaume-Uni signe l'accord qui en fait un partenaire de premier rang du JSF

    Institutionnel — Le Royaume-Uni signa avec les États-Unis le mémorandum d'entente lui permettant de participer à la phase de développement et de démonstration du Joint Strike Fighter, avec une contribution de deux milliards de dollars. Ce fut le seul pays admis comme partenaire de premier rang, disposant d'une voix sur les exigences de l'appareil, un statut lié à son besoin de remplacer ses Sea Harrier et Harrier GR7. La signature intervint neuf mois avant que le vainqueur du concours ne soit connu.

  • 26 octobre 2001

    Lockheed Martin remporte la compétition du Joint Strike Fighter

    Institutionnel — Le Pentagone annonça que l'équipe dirigée par Lockheed Martin, avec Northrop Grumman et BAE Systems, avait battu celle de Boeing et passerait à la phase de développement et de démonstration du système du Joint Strike Fighter. Le contrat initial, d'environ 18,9 milliards de dollars, couvrait les vingt-deux premiers appareils de développement. Le programme complet était alors estimé à plus de 3 000 appareils pour trois armées américaines et plusieurs partenaires étrangers.

  • 7 juillet 2006

    Le F-35 reçoit officiellement le nom de « Lightning II »

    Institutionnel — Lors de la cérémonie publique de présentation tenue à Fort Worth, le chef d'état-major de l'US Air Force, le général Michael Moseley, annonça que le F-35 porterait le nom de « Lightning II ». Ce nom rendait hommage à deux appareils : le Lockheed P-38 Lightning de la Seconde Guerre mondiale et l'English Electric Lightning britannique, un clin d'œil au rôle du Royaume-Uni comme partenaire de premier rang du programme.

  • 20 novembre 2008

    La Norvège recommande le F-35 face au Gripen suédois

    Institutionnel — Le gouvernement norvégien annonça qu'il recommandait au Storting l'achat de jusqu'à quarante-huit F-35A pour remplacer ses F-16, après avoir écarté le Saab Gripen NG lors de l'évaluation. La décision suscita des protestations en Suède, qui contesta la comparaison de coûts utilisée par Oslo. La Norvège fut le premier partenaire européen du programme à opter formellement pour l'appareil.

Années 2010
  • 16 juillet 2010

    Le Canada annonce son intention d'acheter 65 F-35A

    Institutionnel — Le gouvernement canadien annonça son intention d'acquérir soixante-cinq F-35A pour remplacer ses CF-18 Hornet, sans appel d'offres. Cette décision ouvrit une controverse de plus de dix ans sur le coût réel du programme, entraînant l'annulation de l'achat en 2012, la réouverture du processus, puis le choix final du même appareil en 2023.

  • 7 octobre 2010

    Israël signe la lettre d'offre et d'acceptation pour ses vingt premiers F-35

    Institutionnel — Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, signa la lettre d'offre et d'acceptation pour vingt F-35A, premier contrat d'exportation du programme via les ventes militaires étrangères. L'accord comprenait l'intégration de systèmes israéliens dans la cellule, une concession que les États-Unis n'accordèrent à aucun autre client et qui donna naissance à la variante F-35I « Adir ».

  • 19 décembre 2011

    Le Japon sélectionne le F-35A dans le cadre de la compétition F-X

    Institutionnel — Le Conseil de sécurité du Japon sélectionna le F-35A vainqueur de la compétition F-X, avec une commande initiale de quarante-deux appareils destinés à remplacer ses F-4EJ Phantom II. Le Lightning II battit l'Eurofighter Typhoon et le F/A-18E/F Super Hornet. L'accord prévoyait qu'une partie de la production soit assemblée au Japon par Mitsubishi Heavy Industries.

  • 10 mai 2012

    Le Royaume-Uni revient au F-35B après avoir tenté de passer au F-35C

    Institutionnel — Le secrétaire britannique à la Défense, Philip Hammond, annonça à la Chambre des communes que le Royaume-Uni revenait au F-35B à décollage court et atterrissage vertical, revenant sur la décision de la revue stratégique de 2010 d'acheter le F-35C. La raison en était le coût de l'installation de catapultes et de brins d'arrêt sur les porte-avions de classe Queen Elizabeth, qui avait doublé par rapport aux prévisions. Ce revirement figea définitivement le pont d'envol à tremplin des navires.

  • 17 septembre 2013

    Les Pays-Bas sélectionnent le F-35A avec un plan de 37 appareils

    Institutionnel — Le gouvernement néerlandais confirma l'achat de trente-sept F-35A pour remplacer ses F-16, dans le cadre du budget de la Défense présenté ce jour-là. La décision mit fin à des années de débat politique au cours desquelles des alternatives moins coûteuses avaient été évaluées et où le bruit de l'appareil avait constitué un argument récurrent. Les Pays-Bas faisaient partie du programme depuis sa phase de développement.

  • 24 mars 2014

    La Corée du Sud sélectionne le F-35A pour son programme F-X III

    Institutionnel — L'agence sud-coréenne d'acquisition de défense DAPA approuva l'achat de quarante F-35A, avec une option sur vingt de plus, clôturant le programme F-X III. La décision survint après que le pays eut écarté le Boeing F-15SE, seul candidat compatible avec le budget, au motif qu'il ne s'agissait pas d'un appareil de cinquième génération. La Corée du Sud devint le troisième client du Lightning II au titre des ventes militaires étrangères.

  • 23 avril 2014

    L'Australie confirme 58 F-35A supplémentaires, portant sa commande à 72

    Institutionnel — Le Premier ministre australien Tony Abbott annonça l'approbation de cinquante-huit F-35A supplémentaires, portant la commande totale du pays à soixante-douze appareils et trois escadrons opérationnels. Cet achat, d'environ 12,4 milliards de dollars australiens, visait à remplacer les F/A-18A/B Hornet classiques. L'Australie faisait partie du programme depuis 2002.

  • 9 juin 2016

    Accord du Folketing danois pour l'achat de 27 F-35A

    Institutionnel — Les principaux partis du Folketing danois parvinrent à un accord pour l'acquisition de vingt-sept F-35A destinés à remplacer les F-16, entérinant la recommandation gouvernementale de mai. Le Lightning II avait battu l'Eurofighter Typhoon et le Super Hornet dans une évaluation portant sur la capacité stratégique, le risque industriel et le coût du cycle de vie. Le Danemark était partenaire du programme depuis 2002.

  • 25 octobre 2018

    La Belgique choisit le F-35A face au Typhoon

    Institutionnel — Le gouvernement belge annonça l'achat de trente-quatre F-35A pour remplacer ses F-16, écartant l'Eurofighter Typhoon britannique et ignorant l'offre du Rafale français, présentée hors compétition. Cette décision, d'environ quatre milliards d'euros, tendit les relations avec Paris et fut justifiée par des raisons de coût et d'interopérabilité avec les voisins européens opérant déjà l'appareil.

  • 17 juillet 2019

    Les États-Unis retirent formellement la Turquie du programme F-35

    Institutionnel — La Maison-Blanche annonça le retrait formel de la Turquie du programme F-35, après qu'Ankara eut reçu les premiers composants du système de défense aérienne russe S-400. Washington soutint que l'exploitation du radar russe aux côtés du chasseur furtif compromettrait ses caractéristiques de faible détectabilité. La Turquie était partenaire industriel depuis 2002, avait commandé cent appareils et fabriquait des pièces pour l'ensemble de la flotte, qu'il fallut réattribuer à d'autres fournisseurs.

Années 2020
  • 9 janvier 2020

    Les États-Unis approuvent la vente de F-35B à Singapour

    Institutionnel — Le département d'État américain approuva une vente possible à Singapour de jusqu'à douze F-35B, quatre fermes et huit en option. Singapour, qui avait déclaré son intérêt en 2019, devint le premier client d'Asie du Sud-Est et choisit la variante à décollage court en raison des contraintes d'espace aérien et de pistes de la cité-État.

  • 31 janvier 2020

    La Pologne signe le contrat du programme Harpia pour 32 F-35A

    Institutionnel — Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Błaszczak, signa à la base aérienne de Dęblin le contrat portant sur trente-deux F-35A dans le cadre du programme Harpia, d'une valeur de 4,6 milliards de dollars. Ce fut le premier achat de chasseur de cinquième génération par un ancien membre du pacte de Varsovie, la Pologne exploitant encore à l'époque des MiG-29 et des Su-22 de fabrication soviétique.

  • 30 juin 2021

    Le Conseil fédéral suisse choisit le F-35A dans le cadre d'Air2030

    Institutionnel — Le Conseil fédéral suisse annonça la sélection de trente-six F-35A dans le cadre du programme Air2030, devant le Rafale, le Typhoon et le Super Hornet, pour un coût d'environ cinq milliards de francs. La décision se révéla controversée dans un pays qui avait approuvé le financement par référendum l'année précédente à moins de neuf mille voix près, et suscita une initiative populaire visant à l'annuler.

  • 10 décembre 2021

    La Finlande choisit le F-35A à l'issue de la compétition HX

    Institutionnel — Le gouvernement finlandais annonça l'achat de soixante-quatre F-35A pour remplacer ses F/A-18 Hornet, clôturant la compétition HX à laquelle avaient également participé le Rafale, le Typhoon, le Gripen et le Super Hornet. Le contrat, d'environ 8,4 milliards d'euros, constitua la plus importante acquisition militaire de l'histoire du pays et fut décidé alors que la Finlande n'était pas encore membre de l'OTAN.

  • 14 mars 2022

    L'Allemagne décide d'acheter 35 F-35A pour la mission nucléaire de l'OTAN

    Institutionnel — Le gouvernement allemand annonça l'achat de trente-cinq F-35A pour remplacer le Tornado dans la mission de dissuasion de partage nucléaire de l'OTAN. Cette décision intervint trois semaines après l'invasion russe de l'Ukraine et le tournant budgétaire du chancelier Olaf Scholz, et mit fin à des années de réticence de Berlin envers l'appareil, écarté en 2019 au profit du Super Hornet.

  • 9 janvier 2023

    Le Canada conclut enfin le contrat pour 88 F-35A

    Institutionnel — Le gouvernement canadien annonça la finalisation du contrat portant sur quatre-vingt-huit F-35A, d'une valeur d'environ dix-neuf milliards de dollars canadiens, après treize ans de revirements depuis la première annonce de 2010. Cet achat mit fin à un processus qui avait inclus l'annulation de 2012, un achat provisoire de Super Hornet australiens d'occasion et une compétition rouverte dans laquelle le Gripen fut le dernier rival en lice.

  • 29 janvier 2024

    La République tchèque signe la lettre d'acceptation de 24 F-35A

    Institutionnel — La République tchèque signa la lettre d'offre et d'acceptation de vingt-quatre F-35A, en remplacement des Gripen suédois qu'elle avait en location. Avec cette signature, Prague rejoignit le groupe des opérateurs du Lightning II et programma les premières livraisons pour la fin de la décennie. Le contrat s'élevait à environ 6,5 milliards de dollars.

  • 25 juillet 2024

    La Grèce rejoint le programme F-35 avec une commande de 20 appareils

    Institutionnel — La Grèce signa la lettre d'offre et d'acceptation pour vingt F-35A, avec une option sur vingt de plus, devenant le dix-neuvième membre de l'alliance mondiale du programme. Athènes avait déposé sa demande officielle en 2020, dans un contexte de tension avec la Turquie en mer Égée et après qu'Ankara eut été exclue du programme.

  • 21 novembre 2024

    La Roumanie devient le vingtième membre de l'alliance mondiale du F-35

    Institutionnel — La Roumanie signa la lettre d'offre et d'acceptation pour trente-deux F-35A, devenant le vingtième membre de l'alliance mondiale du programme. Le parlement roumain avait approuvé l'achat l'année précédente. Le pays, voisin de l'Ukraine avec une façade sur la mer Noire, exploitait des F-16 d'occasion acquis auprès du Portugal et de la Norvège.