Variante du Saab 340

Saab 340 MSA

Avion de surveillance maritime proposé par Saab à partir de 2012 sur des cellules de 340 d'occasion remises à neuf en usine, avec un radar Telephonics 1700B et une tourelle électro-optique ; le matériel consulté documente un démonstrateur et des offres commerciales, pas des livraisons en série.

Fiche du Saab 340

Image à venir
3 176 km
Distance franchissable

Histoire

Une seconde carrière pour un avion de ligne régional

Au début des années 2010, le Saab 340 n'était plus en production, mais des centaines d'exemplaires volaient encore chez des compagnies régionales du monde entier. Saab a vu une opportunité dans cette flotte : transformer des cellules d'occasion en avions de surveillance maritime, bon marché à l'achat comme à l'exploitation. Le résultat a été le 340 MSA, que l'entreprise développait en Maritime Security Aircraft. Selon Naval Technology, Saab a présenté l'appareil en juin 2012 et l'a montré pour la première fois à l'Aerospace Forum Sweden de Linköping ; la Wikipédia en espagnol situe sa présentation fin mai de cette année-là. Le 9 juillet 2012, l'entreprise l'a dévoilé officiellement au Farnborough International Airshow, où il figurait en exposition statique au sein de la famille de surveillance aéroportée de Saab. La même année, il s'est rendu au salon Africa Aerospace and Defence, en Afrique du Sud, et en novembre 2013 ses capacités ont été démontrées au Dubai Airshow.

Le démonstrateur était un 340B Plus. Saab ne le présentait pas comme un avion neuf : les cellules étaient d'occasion, mais l'usine les remettait à neuf selon un standard « comme neuf » et offrait au moins la garantie standard de l'industrie de 12 mois. L'entreprise estimait que, utilisé conformément aux manuels, l'appareil pouvait servir au moins 30 ans de plus ; dès 2014, sa filiale sud-africaine parlait d'une durée de vie de 40 ans dans le rôle exigeant du vol à basse altitude au-dessus de la mer.

Capteurs et cabine

Le cœur du système était le radar de surveillance maritime Telephonics 1700B, offrant une couverture à 360 degrés pour détecter, suivre et identifier les contacts de surface, associé à une tourelle électro-optique/infrarouge escamotable (une Flir StarSaphire HD). L'ensemble était complété par un transpondeur de système d'identification automatique Saab R4, un radiogoniomètre V/UHF qui écoute les balises de détresse Cospas-Sarsat et triangule la position des naufragés, des communications satellitaires voix et données et des radios tactiques multibandes. Un radar aéroporté à visée latérale (SLAR) et un scanner de ligne UV/IR pour la détection de pollution étaient proposés en option. Un système de gestion de mission fusionnait tous les capteurs sur deux grands écrans : une carte électronique montrant la trajectoire de l'avion et les navires positionnés à partir de leurs signaux d'identification automatique, et un affichage tactique des cibles radar à partir duquel l'opérateur pouvait pointer la tourelle d'un clic.

La configuration de base comportait une seule console d'opérateur, mais la cabine de l'avion de ligne avait de la place pour d'autres postes, des civières pour l'évacuation sanitaire ou des sièges pour transporter du personnel gouvernemental ou policier. Le kit de recherche et sauvetage ajoutait une trappe arrière s'ouvrant en vol pour larguer des radeaux de survie, de grandes fenêtres d'observation avec sièges pivotants et un réservoir de carburant auxiliaire interne.

Performances annoncées

Selon Naval Technology, le 340 MSA pouvait croiser à 265 nœuds (491 km/h) et patrouiller à 140 nœuds (259 km/h), avec une autonomie maximale de 1 715 milles marins (3 176 km), une distance de décollage de 1 350 m et un plafond de 7 620 m, montant à environ trois kilomètres en cinq minutes. En patrouillant à 200 milles marins (370 km) de sa base, à la limite d'une zone économique exclusive, il pouvait rester en station 5,4 heures ; avec le réservoir auxiliaire, l'endurance totale atteignait neuf heures.

Surveillance, pas patrouille armée

La Wikipédia en anglais décrit un avion capable aussi de guerre anti-surface et antisous-marine et de renseignement d'origine électromagnétique, mais les porte-parole de Saab le plaçaient dans une autre catégorie : en 2014, le président de Saab South Africa, Magnus Lewis-Olsson, soulignait qu'un avion de surveillance maritime observe la surface et n'est pas armé, contrairement à un avion de patrouille qui largue des bouées acoustiques et emporte des torpilles. Son argument était le prix : AIN le comparait au coût d'un King Air, et la Wikipédia en espagnol l'évaluait à environ 20 millions de dollars. En juin 2014, le responsable de Saab Singapore, Anders Dahl, faisait état de discussions avec plusieurs pays et d'une demande croissante en Asie du Sud-Est, et ce même mois Saab a proposé à la Force aérienne sud-africaine un appareil de base dans le pays dans les six mois suivant la signature du contrat.

Ce que les sources laissent ouvert

Le matériel consulté documente le démonstrateur et les offres, mais aucun client ni livraison en série. Il ne faut pas le confondre avec le 340B Plus SAR-200 des garde-côtes japonais, une configuration antérieure, ni avec le 340B ISR, un appareil unique qui a servi de banc d'essai à la plateforme.

Sources: Naval Technology — Saab 340 Maritime Surveillance Aircraft (MSA)