Variante du Douglas DC-6
Douglas DC-6 XC-112A / YC-112A
Prototype militaire dont est né le DC-6 : un C-54 allongé et pressurisé, volé le 15 février 1946, redésigné YC-112A, avec une longue carrière civile jusqu'à son accident en 1976.

- 15 février 1946
- Premier vol
- 1
- Exemplaires construits
Histoire
Une commande de guerre arrivée trop tard
En 1944, l'US Army Air Forces demanda à Douglas une version plus rapide et à plus haut plafond du transport C-54E Skymaster, le DC-4 militaire, dotée d'une cabine pressurisée, d'un fuselage allongé et de moteurs plus puissants. Le projet reçut la désignation XC-112, et l'unique prototype, le XC-112A, conserva la voilure du C-54 mais allongea le fuselage d'environ 80 pouces (2,0 m). Selon la source historyofwar.org, il était équipé de quatre radiaux Pratt & Whitney R-2800 de 2 100 ch ; la fiche des variantes de Wikipedia le décrit avec des moteurs R-2800-83AM3.
L'appareil, numéro de construction 36326 et numéro de série militaire 45-873, fut achevé le 11 février 1946 et effectua son premier vol quatre jours plus tard, le 15 février 1946. À cette date, la guerre était terminée et l'USAAF avait retiré son besoin : aucune commande du type ne fut passée. Douglas, qui avait déjà reçu des commandes de compagnies aériennes américaines avant la fin du conflit, réutilisa le projet comme base de son nouvel avion de ligne pour concurrencer le Lockheed L-049 Constellation. Le prototype civil DC-6, directement dérivé du XC-112A, vola quatre mois plus tard, le 29 juin 1946.
Du YC-112A à l'entraîneur au sol
Le 45-873 fut redésigné YC-112A et resta entre les mains de l'Air Force pendant quelques années ; Wikipedia situe sa vente en 1955. Avant de passer au privé, il fut transféré à la Civil Aeronautics Administration à Oklahoma City, où il servit d'entraîneur au sol. Il fut ensuite vendu aux enchères comme matériel excédentaire.
Une longue carrière civile
L'acheteur fut Conner Airlines, de Miami (Floride), qui lui donna sa première immatriculation civile, N6166G, le 1er août 1956 ; le YC-112A obtint la certification en catégorie transport le 20 août 1956, après avoir été porté au standard du DC-6 civil. Conner le vendit à la Compañía Ecuatoriana de Aviación (CEA), qui l'exploita plusieurs années sous l'immatriculation HC-ADJ. Le 1er août 1962, il fut réimmatriculé N6166G au nom d'ASA International, puis, le 1er mai 1963, passa à la compagnie espagnole Trabajos Aéreos del Sahara SA (TASSA), spécialisée dans le soutien aux prospections pétrolières sahariennes, sous l'immatriculation EC-AUC ; c'est sous ces marques qu'il fut photographié à Londres-Gatwick le 29 août 1964.
.jpg)
En 1965, il retrouva l'immatriculation N6166G auprès d'un propriétaire privé et, deux semaines plus tard seulement, le 1er juin 1965, fut enregistré au nom de TransAir Canada sous l'immatriculation CF-TAX. Le 13 juin 1967, il fut acquis par Mercer Airlines, une compagnie charter qui exploitait également un C-47 et un DC-4, qui l'immatricula N901MA et le basa à l'aéroport de Hollywood-Burbank.
Le vol 901 de Mercer
Le 8 février 1976, l'appareil, assurant le vol 901 de Mercer, se préparait à effectuer un vol de convoyage de Burbank à Ontario (Californie), avec trois membres d'équipage technique, deux agents de cabine et un autre employé à bord. Pendant la course au décollage sur la piste 15, le mécanicien navigant signala un voyant d'alarme sur le moteur n° 3, mais le décollage se poursuivit. Immédiatement après le décollage, une pale de l'hélice du moteur n° 3 se rompit ; la vibration arracha le moteur de l'aile, et la pale projetée traversa le fuselage inférieur, sectionnant des conduites hydrauliques, pneumatiques et électriques et heurtant le moteur n° 2, qui commença à perdre de l'huile.
.png)
L'équipage déclara une urgence et atterrit sur la piste 07, mais les systèmes endommagés empêchèrent les hélices extérieures de passer en inversion de pas et les freins de répondre. Face au risque de sortir en bout de la piste de 6 055 pieds (1 846 m) vers la ville, l'équipage appliqua la pleine puissance sur les trois moteurs restants et redécolla. Le train ne rentra pas, l'électricité tomba en panne et le moteur n° 2 s'arrêta sans que son hélice puisse se mettre en drapeau. Avec deux moteurs, le train sorti et une hélice en moulinet, le DC-6 ne put maintenir son altitude jusqu'à la piste 34L de Van Nuys, à 6,9 miles (11,1 km), et effectua un atterrissage forcé sur un terrain de golf au sud de l'aéroport, où, après trois rebonds, le nez percuta les fondations d'un bâtiment en construction. Les trois membres de l'équipage technique périrent dans l'impact. Ainsi s'acheva le premier maillon de toute la famille DC-6, trente ans après son premier vol.
Multimédia
.jpg)
.png)
.jpg)