Proton: la pacífica vida de un cohete militar

SkyShips en Español · 30 août 2021 · 21:05 · espagnol · Documentaire

Vidéo de la chaîne SkyShips en Español sur Proton, référencée sur sa fiche Above Ten Thousand. Durée : 21:05. Langue : espagnol. Type de vidéo : Documentaire.

De quoi il s'agit

Version en espagnol d'une histoire sur le lanceur lourd UR-500, connu sous le nom de Proton, développé dans les années soixante comme missile balistique et devenu le principal lanceur spatial lourd soviétique et russe. Elle parcourt ses trois grandes versions, la version de base, le Proton-K et le Proton-M, ainsi que sa relève prévue par la famille Angará.

Contexte historique

Le récit part de la course à la bombe à hydrogène : après le schéma Teller-Ulam et les essais Ivy Mike et RDS-37, les bombes thermonucléaires ont gagné en puissance et en taille, au point que la bombe du Tsar, longue de 8 m et pesant plus de 26 t, a nécessité la modification d'un Tu-95 pour la transporter. Il fallait des porteurs plus capables que le R-7. Parmi les propositions des bureaux d'études de Korolev, Yangel et Tchélomeï, celle de l'OKB-52 de Vladimir Tchélomeï envisageait une famille de fusées universelles unifiées, UR-100, UR-200, UR-500 et UR-700, pouvant être construites avec les mêmes éléments. En 1961, son projet fut choisi, et l'UR-500 devait emporter une bombe de 150 mégatonnes. Ses dimensions furent ajustées au transport par train de Moscou à Baïkonour, sa seule base de lancement.

Au milieu des années soixante, l'idée des bombes ultra-puissantes perdit de sa force et les militaires abandonnèrent l'UR-200 au profit du R-9. L'UR-500, conçu dès le départ avec un usage civil possible, fut reconverti en lanceur ; sa première charge, en 1965, fut le satellite Proton 1, qui finit par donner son nom à la fusée.

Faits marquants

Le premier étage combine une unité centrale contenant l'oxydant et six unités latérales avec le carburant et des moteurs RD-253, fonctionnant à l'hydrazine diméthylique asymétrique et au peroxyde d'azote, des ergols simples mais très toxiques ; les blocs latéraux ne se séparent pas. Le deuxième étage emporte trois RD-0210 et un RD-0211 et se sépare à chaud. La version de base plaçait 8,4 t en orbite basse. Le Proton-K, à trois étages ou à quatre avec le bloc D, atteignit l'espace en 1967, entra en service en 1978 après plus de 60 lancements, atteignit 21 t en orbite basse, lança en 1998 le module Zarya de la Station spatiale internationale et fut retiré en 2012 après 310 lancements. Le Proton-M, depuis 2001, inaugura un nouveau système de contrôle, l'étage Briz-M et des moteurs RD-276 ; il mesure un peu plus de 58 m, pèse 705 t et place 23,7 t en orbite basse. Depuis 1967, il totalise plus de 400 lancements, dont 49 échecs.