Variante du Supermarine Spitfire
Supermarine Spitfire PR Mk XIX
Dernière et plus aboutie version de reconnaissance photographique du Spitfire, et la seule propulsée par le Rolls-Royce Griffon : elle mariait le fuselage du Mk XIV, l'aile à grande capacité du PR Mk XI et, sur les séries tardives, la cabine pressurisée du PR Mk X. Non armée et équipée de caméras verticales et oblique, elle vola pour la première fois en avril 1944, entra en service en mai de la même année et survécut à toutes les autres versions au sein de la RAF ; un PR Mk XIX effectua la dernière sortie opérationnelle d'un Spitfire le 1er avril 1954 au-dessus de la Malaisie.

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- Exemplaires construits
Histoire
Le PR Mk XIX clôtura la lignée des Spitfire de reconnaissance photographique et fut le seul membre de cette famille propulsé par un Rolls-Royce Griffon ; toutes les versions PR précédentes avaient employé une variante du Merlin. Supermarine le conçut comme une synthèse des meilleurs éléments alors en production : le fuselage du chasseur Mk XIV avec son Griffon à deux étages et son hélice à cinq pales, l'aile de reconnaissance du PR Mk XI — dite aile de type D, dont les bords d'attaque en avant du longeron principal étaient transformés en réservoirs intégraux de soixante-six gallons chacun — et, sur les séries tardives, la cabine pressurisée essayée sur le rare PR Mk X. De cette combinaison naquit un appareil non armé, très rapide, capable d'opérer à des altitudes où il devenait pratiquement inaccessible.
La production se répartit en deux standards. Les premiers appareils, désignés en interne type 389, recevaient le Griffon 65 et étaient dépourvus de pressurisation comme d'équipement tropical ; les sources divergent sur leur nombre exact — vingt-deux, vingt-cinq ou vingt-six selon les auteurs — mais s'accordent à dire que le reste de la production passa au type 390, avec Griffon 66, cabine pressurisée et adaptation aux climats chauds. Dans ce second standard, la capacité interne de carburant grimpa à environ deux cent cinquante-quatre ou deux cent cinquante-six gallons, soit environ trois fois et demie celle du Spitfire d'origine, en exploitant le volume alaire qui, sur d'autres versions, abritait les caméras ; un réservoir largable de cent soixante-dix gallons pouvait également être emporté, bien qu'en opérations le plus grand utilisé fût de quatre-vingt-dix gallons. Un pare-brise courbe et profilé de type Lobelle, sans verre blindé, complétait une cellule conçue pour fuir plutôt que pour combattre. Aucun armement n'était installé.

L'équipement photographique variait selon la mission : deux caméras verticales F.8 de quatorze ou vingt pouces de focale, ou des F.52 de vingt pouces, plus une caméra oblique F.24 de huit ou quatorze pouces montée sur le flanc bâbord. Avec cet équipement, une vitesse maximale que les sources situent entre 442 et 445 miles à l'heure et un plafond opérationnel d'environ 42 600 pieds, le PR Mk XIX pouvait photographier des objectifs en profondeur avec peu de risque d'interception par la chasse allemande.
Le premier appareil vola en avril 1944 et la version entra en service en mai de la même année, le RM626 étant le premier exemplaire de série. Avant la fin de la guerre en Europe, il avait pratiquement remplacé le PR Mk XI au sein des escadrons de reconnaissance. La production cessa début 1946 après un peu plus de deux cent vingt appareils — les chiffres publiés oscillent entre 224 et 225 — mais sa carrière opérationnelle se prolongea bien au-delà de la guerre. En 1951, des PR Mk 19 — la désignation passa des chiffres romains aux chiffres arabes lorsque la RAF adopta cette convention en 1948 — basés à l'aéroport de Kai Tak à Hong Kong survolèrent l'île de Hainan à la demande du renseignement naval américain.
Son épisode le plus mémorable se déroula en Asie du Sud-Est. Pendant l'urgence malaise, dans le cadre de l'opération Firedog, les Spitfire effectuèrent près de mille huit cents sorties opérationnelles. Le 1er avril 1954, le PR Mk 19 PS888 du 81e Squadron décolla de RAF Seletar pour photographier la jungle près de Johore, où l'on soupçonnait que se cachaient des guérilleros communistes ; ce fut la dernière sortie opérationnelle jamais effectuée par un Spitfire de la RAF, et le personnel au sol avait peint sur son nez l'inscription « The Last ». Le type resta pourtant en service : trois appareils poursuivirent leur activité au sein du vol de température et humidité pour des sondages météorologiques, et le 5 juin 1957, le PS583, également du 81e Squadron, effectua depuis RAF Woodvale le dernier vol non opérationnel d'un Spitfire, bien que d'autres sources situent le retrait définitif au 10 juin de la même année. Encore en 1963, un Mk 19 fut employé dans des essais de combat contre un English Electric Lightning, afin de déterminer comment un chasseur à réaction devait engager un appareil à moteur à pistons, dans l'éventualité d'affrontements entre Lightning et P-51 Mustang lors de la confrontation indonésienne.
La version survole encore le ciel aujourd'hui. Le Battle of Britain Memorial Flight de la RAF conserve et exploite le PR Mk XIX PM631, qui, après une révision majeure, revola le 3 octobre 2024 aux mains du commandant du vol, le Squadron Leader Mark Sugden, effectua son vol de contrôle le 17 octobre puis revola le 22 octobre avec le Flight Lieutenant Andy Preece, devenant disponible pour la saison de présentations 2025. Un autre PR Mk XIX du même vol, le PS915, est habituellement présenté aux couleurs du PS888 « The Last » en souvenir de cette dernière mission.
Multimédia

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