Variante du Hawker Siddeley Harrier
Hawker Siddeley Harrier Harrier GR.3
Standard définitif du Harrier monoplace de la RAF et variante représentative du modèle. Il ajouta un nez allongé avec désignateur laser, des capteurs améliorés, des récepteurs d'alerte et des contre-mesures électroniques, ainsi que le Pegasus Mk 103. Ce fut le Harrier qui combattit lors de la guerre des Malouines en 1982 depuis le porte-avions HMS Hermes, celui qui soutint le déploiement de la RAF en Allemagne et le seul chasseur britannique capable d'opérer depuis la courte piste du Belize. La RAF commanda 118 appareils de la série GR.1/GR.3 et la dernière livraison de production eut lieu en décembre 1986.
Fiche du Hawker Siddeley Harrier
Histoire
Le standard final
La RAF porta ses GR.1 au standard GR.3, qui incorporait des capteurs améliorés, un désignateur laser monté dans le nez — d'où le nez allongé caractéristique —, l'intégration de systèmes de contre-mesures électroniques et un Pegasus Mk 103 à plus forte poussée. Avec cette configuration, le monoplace britannique atteignit sa forme définitive au sein de la première génération du type.
Appui aérien rapproché en Europe
En service dans la RAF, le Harrier fut employé en appui aérien rapproché, reconnaissance et autres missions d'attaque au sol. Sa souplesse conduisit à un déploiement prolongé en Allemagne de l'Ouest comme élément dissuasif conventionnel : depuis des sites rustiques et camouflés, il devait attaquer les colonnes blindées venues de l'est. Des appareils furent également détachés en Norvège — le Escadron n° 1 était affecté aux opérations norvégiennes au sein des Forces alliées du Nord de l'Europe — et au Belize, où il était le seul avion de combat de la RAF capable d'opérer en sécurité depuis la courte piste de l'aéroport ; les forces britanniques s'en retirèrent en 1993.
Guerre des Malouines
En 1982, dix GR.3 du Escadron n° 1 opérèrent depuis le porte-avions HMS Hermes. L'avion n'ayant pas été conçu pour le service naval, les dix appareils furent modifiés en toute hâte avant le départ de la force : produits d'étanchéité spéciaux contre la corrosion, une aide inertielle de référence sur le pont pour faciliter l'appontage, des transpondeurs pour le retour de nuit et des lance-leurres et chaff. Deux porte-conteneurs réquisitionnés, l'Atlantic Conveyor et l'Atlantic Causeway, reçurent des ponts d'envol provisoires pour transporter avions et hélicoptères vers l'Atlantique Sud.
Les GR.3 furent surtout consacrés à l'appui aérien rapproché des forces terrestres, avec un effort particulier sur la neutralisation de l'artillerie argentine, et participèrent aux attaques contre l'aérodrome et la piste de Stanley. Leurs points d'emport extérieurs furent adaptés en urgence pour des missiles Sidewinder au cas où il aurait fallu les réaffecter à la patrouille aérienne de combat. Entre le 10 et le 24 mai 1982, un détachement de trois GR.3 assura la défense aérienne de l'île de l'Ascension jusqu'à l'arrivée de trois F-4 Phantom II. Les principales menaces furent les missiles sol-air, l'artillerie antiaérienne et les tirs d'armes légères ; quatre GR.3 et six Sea Harrier furent perdus.
Après le conflit
La première génération de Harrier ne retourna plus au combat avec la RAF, bien qu'elle resta en service de nombreuses années. En dissuasion contre une nouvelle tentative d'invasion, le No. 1453 Flight fut déployé aux îles Malouines d'août 1983 à juin 1985. La dernière livraison de production de la série GR.1/GR.3 eut lieu en décembre 1986 ; la relève arriva avec le Harrier II, développé conjointement par McDonnell Douglas et British Aerospace.