Variante du Hawker Siddeley Harrier
Hawker Siddeley Harrier AV-8A Harrier
Version monoplace du Harrier pour le Corps des Marines des États-Unis, connue chez le constructeur sous le nom de Harrier Mk 50. Elle ressemblait beaucoup au GR.1 britannique, mais les composants en magnésium — qui se corrodaient rapidement en milieu marin — furent supprimés, des radios et un IFF américains furent intégrés, et les points d'emport extérieurs furent préparés dès la livraison pour les missiles Sidewinder. Le Corps des Marines commanda 102 monoplaces dans le cadre d'une commande totale de 110 appareils et réceptionna le premier le 6 janvier 1971 à Dunsfold.
Fiche du Hawker Siddeley Harrier
- 102
- Exemplaires construits
- 1 900 km
- Distance franchissable
Histoire
Un avion britannique pour les Marines
Le Corps des Marines commença à s'intéresser sérieusement au Harrier vers l'époque où se forma le premier escadron de la RAF, en 1969, et cet intérêt encouragea Hawker Siddeley à poursuivre le développement de l'avion. Malgré les réticences du Congrès face à la coïncidence de plusieurs programmes d'appui aérien rapproché, les Marines parvinrent à faire aboutir l'achat.
Livraison et adaptation
Le premier AV-8A fut réceptionné le 6 janvier 1971 sur l'aérodrome de Dunsfold, en Angleterre, et les essais commencèrent à la Naval Air Station de Patuxent River le 26 janvier. La variante entra en service la même année dans les escadrons d'attaque. Outre la suppression du magnésium et l'avionique américaine, l'ensemble inertiel Ferranti FE541 fut remplacé par un calculateur de tir plus simple pour raccourcir le cycle entre missions, et les sièges Martin-Baker cédèrent la place aux Stencel SEU-3A. La plupart des appareils furent livrés avec le Pegasus plus puissant du GR.3 au lieu du moteur du GR.1.
Opérations embarquées
Les Marines voulurent explorer au plus vite l'emploi naval de l'avion. L'amiral Elmo Zumwalt promut le concept de Sea Control Ship, un porte-avions léger avec Harrier et hélicoptères venant compléter les grands porte-avions ; le navire d'assaut amphibie USS Guam devint Interim Sea Control Ship et opéra comme tel entre 1971 et 1973 pour étudier les limites de cette idée. En 1976, quatorze Harrier embarquèrent six mois sur l'USS Franklin D. Roosevelt, et les essais montrèrent que l'avion pouvait opérer par des conditions météorologiques interdisant le vol aux avions conventionnels de porte-avions.
Base avancée et combat aérien
Au sol, le concept d'emploi des Marines reposait sur la rapidité : des bases avancées d'un à quatre avions installées en moins de vingt-quatre heures à environ 20 miles (32 km) de la ligne de front, avec une base permanente plus en arrière, vers 50 miles (80 km). La proximité multipliait le rythme des sorties et réduisait la consommation de carburant. Les combats simulés contre des F-4 Phantom II apprirent aux pilotes à utiliser le vectorage en vol (VIFF) pour déborder l'adversaire et démontrèrent que le Harrier pouvait se battre efficacement à courte distance.
Bilan
Le succès opérationnel de l'AV-8A contribua à vaincre le scepticisme envers le V/STOL. Il eut aussi un coût élevé : entre les années soixante-dix et quatre-vingt, environ 40 appareils AV-8A/C furent perdus et une trentaine de pilotes moururent. Dès 1979 les survivants commencèrent à être modernisés au standard AV-8C, et tous furent retirés en 1987 avec l'arrivée de l'AV-8B Harrier II.