Variante du Hawker Hurricane
Hawker Hurricane Mk IIC
Version la plus nombreuse du Hurricane : un Mk II à moteur Merlin XX doté de quatre canons Hispano de 20 mm dans une aile modifiée, reconverti en chasseur-bombardier, chasseur de nuit et intrus après avoir perdu la parité avec les chasseurs allemands. Environ 4 711 exemplaires furent construits, et il servit sur tous les fronts jusqu'en 1945.

- 4 711
- Exemplaires construits
- 970 km
- Distance franchissable
Histoire
Le Hurricane Mk IIC fut la variante la plus produite de toute la famille et celle qui, en pratique, définit la seconde carrière du chasseur de Sydney Camm comme avion d'attaque au sol. Il réunissait deux lignes de développement distinctes. La première était la cellule Mk II dotée du Rolls-Royce Merlin XX à compresseur à deux vitesses de 1 280 ch, dont le prototype vola le 11 juin 1940 et qui rendit au Hurricane une partie des performances perdues face aux derniers chasseurs de l'Axe. La seconde était l'idée, bien plus ancienne, d'un armement de canons : une spécification de 1935 réclamait déjà un chasseur à quatre canons de 20 mm, mais à l'époque la pénalité de poids était trop lourde et le contrat revint au Westland Whirlwind. Hawker reprit l'idée en 1939 en convertissant un Mk I pour emporter un Oerlikon de 20 mm sous chaque aile ; les essais avec une paire de canons externes commencèrent en mai de cette année, et entre juin et août 1940 une installation interne à deux canons Hispano-Suiza dans chaque aile fut testée. En novembre 1940, l'atelier expérimental fabriqua à la main trente jeux d'ailes à quatre canons, en réutilisant des ailes endommagées au niveau de la baie d'armement, et la version entra en production sous la désignation Mk IIC au début de 1941.
L'aile du IIC était une version légèrement modifiée de l'aile « universelle » du Mk IIB. Outre les quatre canons Hispano Mk II, deux par côté, elle reçut bientôt un point d'emport pour une bombe de 250 ou 500 livres sous chaque aile puis, plus tard, des réservoirs largables. Les essais de réservoirs externes avaient débuté en mai 1940, ceux de largage de bombes en avril 1941, et les premiers essais du Mk II avec des bombes de 500 livres eurent lieu en février 1942 ; la plupart des Mk II furent construits aptes à emporter des charges externes ou modifiés en ce sens. Dans cette configuration, l'appareil devint connu sous le nom de « Hurribomber », et environ les trois quarts de tous les IIC furent finalement convertis en chasseurs-bombardiers. Un lot de quarante IIC sortit d'usine avec les supports déjà montés sous la désignation administrative IIE, que la RAF renomma ensuite IICB ; un message adressé au Moyen-Orient le 31 octobre 1942 précisa que le IIE n'avait jamais été une marque officielle.

L'appareil conservait les dimensions des autres Mk II : une envergure de 12,19 m, une longueur de 9,83 m et une hauteur d'environ 4 m. Selon la fiche du National Air and Space Museum pour son propre exemplaire, la masse maximale était de 3 951 kg et la vitesse maximale de l'ordre de 538-550 km/h avec le Merlin XX de 1 280 ch ; les quatre canons pouvaient être complétés par deux bombes de 250 ou 500 livres ou huit roquettes de 3 pouces. Le musée note qu'en 1941, le Hurricane ne pouvait plus rivaliser en altitude avec les chasseurs de la Luftwaffe, mais que sa structure robuste, sa plateforme de tir stable et sa puissance de feu considérable en faisaient l'appareil d'appui rapproché idéal.
En service, le IIC remplaça progressivement les versions antérieures à partir du milieu de 1941. Au-dessus de la Manche, il effectuait des raids à basse altitude (« Rhubarb ») contre les trains, les véhicules, les aérodromes et le trafic côtier de la France occupée. En Grande-Bretagne, il fut également le principal chasseur de nuit monoplace du Fighter Command pendant le Blitz de 1941, et en 1942 le IIC armé de canons opéra comme intrus de nuit au-dessus de l'Europe occupée : le Flight Lieutenant Karel Kuttelwascher, du No. 1 Squadron, revendiqua 15 bombardiers allemands lors de ces missions et fut le meilleur marqueur du type. La même année vit la fabrication de douze Hurricane II C(NF), chasseurs de nuit équipés d'un radar d'interception manœuvré par le pilote. Fin 1941, dix-huit escadrons stationnés outre-mer étaient déjà équipés du Mk IIC.
En Méditerranée et dans le désert occidental, les IIC tropicalisés défendirent Malte pendant le siège et, après la victoire britannique à El Alamein, infligèrent de lourdes pertes aux colonnes allemandes et italiennes en retraite à travers la Libye et la Tunisie. En Extrême-Orient, où le Hurricane resta un chasseur de première ligne longtemps après avoir été supplanté en Europe, le IIC se généralisa au cours de 1943, juste au moment où le Spitfire arrivait en Inde et reprenait le rôle de chasse pure ; le Hurricane à canons devint alors l'ossature de la puissance aérienne tactique de la RAF en Birmanie, opérant depuis des terrains sommaires au-dessus de l'Arakan, à Imphal-Kohima et lors de la reconquête de Rangoun jusqu'en 1945.
L'Union soviétique fut le plus grand bénéficiaire étranger : le dossier d'archives britanniques AIR 22/310 recense 1 182 Mk IIC envoyés ou remis à l'URSS, dont 46 perdus avant leur arrivée et 117 refusés, parmi les 2 776 cellules Mk II expédiées vers la Russie. Les livraisons de IIC débutèrent fin 1942 et la plupart allèrent directement aux unités de défense aérienne de la PVO. En 1944, les No. 351 et 352 Squadrons de la RAF, formés de partisans yougoslaves, s'entraînèrent sur Hurricane Mk IIC en Libye avant de passer aux Mk IV et aux Spitfire Mk V. Il y eut aussi soixante Sea Hurricane Mk IIC navalisés, construits par Hawker entre novembre 1942 et mai 1943, et en 1946 Hawker dériva le biplace d'entraînement T Mk IIC, dont seuls deux exemplaires furent construits pour l'Impériale force aérienne iranienne.

La production se poursuivit jusqu'à la toute fin : le dernier Hurricane construit sur les 14 233 sortis d'Hawker, Gloster, Canadian Car and Foundry et Fairey fut un Mk IIC, le PZ865 « The Last of the Many », qui vola pour la première fois à Langley le 22 juillet 1944 et que Hawker conserva pour des travaux d'essais au lieu de le livrer à la RAF. Il vole aujourd'hui avec le Battle of Britain Memorial Flight à RAF Coningsby aux côtés du LF363, un IIC qui vola pour la première fois le 1er janvier 1944 et que l'on considère comme le dernier Hurricane entré en service dans la RAF ; depuis 2010, le PZ865 porte les couleurs du IIC HW840 du No. 34 Squadron en Asie du Sud-Est et, depuis 2020, la livrée entièrement noire des chasseurs de nuit du No. 247. Un autre IIC bien documenté est le LF686, construit à Langley début 1944 et livré à la 41 OTU ; reclassé cellule d'instruction 5270M en 1945, il fut cédé au Smithsonian en échange d'un Typhoon, expédié aux États-Unis en 1969 et restauré à partir de 1989, sur onze ans, pour être exposé au centre Udvar-Hazy. Des exemplaires statiques subsistent également à Bruxelles (LF658) et à Johannesburg (LD619).
Les chiffres de production varient selon les sources : historyofwar et d'autres références donnent 4 711 IIC construits ou convertis à partir de IIA et de IIB, tandis que le Wikipédia anglais recense 4 751 exemplaires fabriqués par Hawker entre février 1941 et juillet 1944 ; dans tous les cas, aucune autre version du Hurricane n'approcha ce total.
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