Variante du Embraer EMB 110 Bandeirante

Embraer EMB 110 Bandeirante XC-95B

Désignation FAB (XC-95B, numéro de série 2315) pour un C-95B Bandeirante modifié en avion expérimental de recherche sur la pluie, affecté au Centro Técnico Aeroespacial en 1981.

Fiche du Embraer EMB 110 Bandeirante

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Histoire

XC-95 est une désignation de l'armée de l'air brésilienne (FAB) pour un Bandeirante consacré à la recherche sur la pluie, à ne pas confondre avec le YC-95, désignation militaire des trois prototypes EMB 100 de 1968-1970. Les sources de référence le décrivent sommairement comme une « version de recherche sur la pluie pour l'armée de l'air brésilienne » ou une « version de recherche météorologique » ; les archives de la FAB elles-mêmes donnent la désignation complète XC-95B et documentent l'appareil sous le numéro de série 2315, affecté au Centro Técnico Aeroespacial (CTA) de São José dos Campos en 1981.

Pour situer cette variante, il est utile de rappeler comment la FAB désigne ses Bandeirante. Le transport de base EMB 110 est devenu le C-95 (C pour cargo/transport) ; l'EMB 110K1 à porte cargo arrière est le C-95A ; l'EMB 110P1K, version militaire du P1 allongé équipée de moteurs PT6A-34 de 750 ch, est le C-95B, et l'équivalent du P2 est le C-95C. Des préfixes de mission s'ajoutent à cette lettre de base : EC-95 pour l'appareil d'étalonnage des aides à la navigation du Grupo Especial de Inspeção em Voo, R-95 pour l'EMB 110B de reconnaissance photogrammétrique, SC-95B pour les EMB 110P1K de recherche et sauvetage, P-95 pour les patrouilleurs maritimes EMB 111 et IC-95 pour les appareils d'inspection en vol. Le X indique un appareil expérimental ou d'essai ; le XC-95B est donc un C-95B (EMB 110P1K) modifié pour des travaux expérimentaux, tout comme l'EC-95B est le C-95B d'étalonnage.

En tant que C-95B à la base, le XC-95B partageait la cellule de l'EMB 110P1K : envergure de 15,32 m, longueur de 15,08 m et hauteur de 4,73 m, avec une surface alaire de 29,00 m², deux turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PT6A-34 de 750 ch, une masse à vide de 3 394 kg et une masse maximale de 5 670 kg, une vitesse maximale de 426 km/h, un plafond opérationnel de 8 260 m et un rayon d'action de 1 900 km. Ce sont les caractéristiques du modèle militaire de série ; les modifications spécifiques du XC-95B (instrumentation météorologique, sondes, équipement d'enregistrement ou d'ensemencement) ne sont pas décrites dans les sources disponibles et restent une lacune documentaire, tout comme les dates de conversion et de retrait et les résultats du programme.

Son affectation au CTA correspond au rôle de ce centre : le même institut qui a conçu le Bandeirante sous le projet IPD-6504 et qui perpétue une tradition d'essais en vol et de recherche appliquée. Un bimoteur à turbopropulseurs robuste, non pressurisé, doté d'une grande cabine et d'une bonne capacité électrique, constitue une plateforme naturelle pour l'étude de la physique des nuages et des précipitations, et la FAB avait déjà démontré avec l'EC-95 et le R-95 que le Bandeirante se prêtait facilement à une instrumentation spécialisée. Le XC-95B appartient à la longue liste des adaptations militaires du type, qui comprend aussi les versions d'étalonnage EC-95B et EC-95C et l'avion de sauvetage SC-95B, ce qui explique pourquoi plus d'une centaine de Bandeirante ont servi dans la FAB et pourquoi beaucoup ont été modernisés au XXIe siècle pour continuer à voler.

Quant à la flotte militaire plus large dont le XC-95B est issu, la FAB a reçu 55 C-95 sur les 80 initialement commandés, livrés entre 1973 et 1976 sous les numéros de série FAB 2132 à 2175 et 2179 à 2189, après les prototypes YC-95 2130 et 2131 ; ils ont été suivis par les C-95A, C-95B et C-95C, ainsi que par les R-95 photogrammétriques, dont deux ont été perdus dans des accidents (2243 en 1992 et 2242 en 1995). Plus d'une centaine de Bandeirante ont servi dans la FAB, et au XXIe siècle beaucoup ont été modernisés en C-95AM, C-95BM et C-95CM pour prolonger leur durée de vie ; en 2020, un C-95AM a arboré une livrée commémorative marquant 100 000 heures de vol cumulées par les appareils C-95. Le fait qu'un seul appareil ait reçu la désignation expérimentale XC-95B illustre l'usage du Bandeirante comme banc d'essai national, entre les mains du centre même qui l'avait conçu.