Variante du BAe Jetstream

BAe Jetstream 3M (C-10A)

Version du Jetstream remotorisée avec des turbopropulseurs Garrett TPE331 pour l'United States Air Force, qui la désigna C-10A : porte cargo et douze sièges ou six civières. Commandée en 1968, le contrat fut annulé en octobre 1969 pour retard de livraison et aucun exemplaire ne fut livré.

Fiche du BAe Jetstream

Image à venir
21 novembre 1968
Premier vol
12
Passagers

Histoire

Un moteur américain pour vendre en Amérique

Le Jetstream de Handley Page fut conçu en pensant au marché américain de l'aviation régionale et d'affaires, mais avec un moteur français, le Turbomeca Astazou. Pour améliorer ses perspectives de vente aux États-Unis, le cinquième prototype reçut, à la place de l'Astazou, le turbopropulseur Garrett AiResearch TPE-331, de fabrication américaine. Le changement n'était pas seulement commercial : avec un groupe motopropulseur américain, l'United States Air Force (USAF) put envisager l'appareil pour le transport léger de fret.

La commande de l'USAF

Le résultat fut une commande de l'USAF, en 1968, de onze avions dotés d'une porte cargo et pouvant accueillir douze passagers ou six blessés sur civière. Dans la nomenclature du constructeur, il s'agissait du Jetstream 3M ; dans l'inventaire militaire américain, du C-10A. Le site français aviationsmilitaires.net reprend le même chiffre de onze HP.137 commandés en 1968, et all-aero présente le contrat comme un concours de l'USAF pour le transport C-10A que le Jetstream remporta. Selon la liste de production de LOGBOOK, tous les C-10A devaient recevoir le turbopropulseur Garrett AiResearch TPE-331-3A-301W.

Les avions qui volèrent

La même liste de LOGBOOK permet de suivre les cellules de cette version une à une. L'avion de la ligne numéro 05, immatriculé G-AWBR et répertorié comme HP.137 Mk 3M, vola pour la première fois le 21 novembre 1968 ; il fut retiré du service en octobre 1969, stocké à Radlett (Hertfordshire), puis démantelé en mai 1970. De plus, le G-ATXI, un Mk 1 de Handley Page qui avait volé le 8 mars 1968, fut converti au standard Mk 3M en mai 1969 et démantelé à Radlett en décembre 1970.

Les cellules jamais achevées

LOGBOOK attribue des numéros de série USAF consécutifs, de 68-10378 à 68-10392, à quinze cellules de production marquées Mk 3M (numéros de construction 219, 226, 228, 232, 236, 239, 242, 244, 247, 250, 260, 270, 272, 273 et 277). Aucune ne fut achevée ni ne vola. La plupart furent vendues à la ferraille en janvier 1972 ; plusieurs furent démantelées à Radlett même en 1970, et celle portant le numéro de série 68-10382 ne fut vendue à la ferraille qu'en mai 1976. Le chiffre de quinze numéros de série ne correspond pas aux onze avions de la commande cités par les autres sources : la divergence reste inexpliquée dans la documentation disponible.

Annulation

L'USAF annula le contrat en octobre 1969, invoquant les retards de livraison. Handley Page traînait alors des problèmes avec l'Astazou et un développement dont le coût était passé des 3 millions de livres prévus à plus de 13 millions ; la perte de la commande militaire survint au pire moment pour l'entreprise, qui n'acheva jamais le moindre C-10A. Aucun avion ne fut livré à l'Air Force.

Ce qui en resta

Le 3M ne fut pas une impasse. Quand British Aerospace, formée en 1978 avec Scottish Aviation parmi ses composantes, décida de développer un Jetstream « Mark 3 », elle reprit la recette de la version destinée à l'USAF : remplacer l'Astazou par des turbopropulseurs Garrett, plus puissants et aux intervalles de révision plus longs. Cette idée donna naissance au Jetstream 31, qui transforma en succès civil ce qui avait été, en 1969, un échec militaire.