Le saviez-vous…

Combien de temps faut-il pour qu'un Boeing gèle ?

Réponse directe

Il n'y a pas de délai fixe : en vol, un Boeing peut accumuler du givre sur son bord d'attaque en moins d'une minute en traversant des nuages d'eau surfondue, d'où ses systèmes antigivrage à air chaud ou électriques qui s'activent avant même l'apparition de glace. Au sol, la protection du liquide de dégivrage dure de quelques minutes à plus d'une heure.

Combien de temps faut-il pour qu'un Boeing gèle ?
Aeroflot Airbus A330 KustovSergey Kustov (CC BY SA), vía commons

Le givre en vol : une question de minutes, pas d'heures

Lorsqu'un avion traverse un nuage contenant des gouttelettes d'eau surfondue —liquides malgré une température inférieure à 0 °C—, ces gouttelettes gèlent à l'impact sur le bord d'attaque des ailes, de l'empennage ou des entrées d'air des moteurs. Dans des conditions sévères, une couche de glace perceptible peut se former en moins d'une minute, et ce qui compte n'est pas son poids mais la façon dont elle déforme le profil de l'aile, ce qui réduit la portance et avance le décrochage. C'est pourquoi le système antigivrage est activé de façon préventive à l'entrée dans des conditions favorables, et non après avoir réellement constaté la présence de glace.

Deux façons de chauffer l'aile

Le Boeing 737 prélève de l'air chaud sur les compresseurs des moteurs et le fait circuler à l'intérieur du bord d'attaque ; le 787, en revanche, a renoncé à l'air de prélèvement et chauffe cette zone avec des couvertures chauffantes à résistance électrique, une des innovations de son architecture électrique. Les entrées d'air des moteurs disposent toujours de leur propre système dédié, et les tubes Pitot et sondes sont chauffés indépendamment, car un capteur bloqué par le givre est tout aussi dangereux que du givre sur l'aile.

L'autre type de « gel » : le dégivrage au sol

Avant de décoller sous la neige, le givre ou la pluie verglaçante, l'avion est aspergé de liquide de dégivrage et d'antigivrage. Cette protection n'est pas indéfinie : elle dispose d'une fenêtre de validité, le temps de rémanence (holdover time), répertorié chaque hiver par la FAA et Transport Canada, qui selon le type de liquide et l'intensité des précipitations va de quelques minutes en cas de fortes chutes de neige à plus d'une heure dans des conditions clémentes. Si l'avion ne décolle pas dans ce délai, le traitement doit être répété et l'avion retourne dans la file d'attente.

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