Variante du Yakovlev Yak-40
Yakovlev Yak-40TL
Projet de remotorisation du Yak-40 avec des turbosoufflantes Lycoming LF507 à la place des AI-25 soviétiques, associé à Textron Lycoming. Les sources divergent sur le nombre de moteurs prévus, deux ou trois. Il est resté sur le papier : il n'a pas survécu aux années 1990, et aucune source consultée ne mentionne de prototype ni de vol.
Histoire
Un triréacteur en quête de nouveaux moteurs
Le Yak-40 a volé pour la première fois le 21 octobre 1966 et a été construit à l'usine d'aviation de Saratov de 1967 à 1981. Ce fut le premier avion de ligne de construction soviétique conçu selon les exigences de navigabilité occidentales, et plus d'un millier sortirent de l'usine. Il était propulsé par trois turbosoufflantes Ivchenko AI-25 de 1 500 kgf chacune, deux sur des pylônes de part et d'autre du fuselage arrière et la troisième à l'intérieur de la queue. Lorsque l'Union soviétique s'est désintégrée, une flotte de cette taille, dont la conception était déjà façonnée par les règles occidentales et qui avait été exportée vers des pays comme l'Allemagne et l'Italie, faisait de la remotorisation avec des turbosoufflantes occidentales une idée évidente. Le Yak-40TL fut l'un des projets nés de cette idée, et il n'a jamais quitté la planche à dessin.
Le partenaire : Textron Lycoming et le LF507
Le récit disponible désigne le célèbre motoriste américain Textron Lycoming comme l'entreprise à l'origine du projet. Lycoming avait annoncé sa famille de turbosoufflantes à réducteur LF500 en septembre 1988, en commençant par le LF507-1H, certifié en octobre 1991 ; la famille descendait de l'ALF 502 qui équipait le British Aerospace 146 puis l'Avro RJ. La ligne de turbosoufflantes passa ensuite par AlliedSignal pour arriver chez Honeywell ; le récit russe date de 1999 la cession de cette partie des activités de Lycoming à Honeywell, ce qui explique que le moteur soit aujourd'hui généralement catalogué sous le nom de Honeywell LF507.
Ce que promettait le TL
Selon le récit russe, les calculs montraient que la solution idéale consistait à remplacer les trois AI-25 par deux LF507-1H, des moteurs semblables à ceux du BAe 146. La paire consommerait autant de carburant que les trois moteurs soviétiques mais délivrerait un tiers de poussée en plus. Avec une aile en flèche, l'avion pourrait raisonnablement croiser à Mach 0,74, et la masse maximale au décollage pourrait augmenter d'un quart. Le même auteur, esquissant sa propre idée d'un Yak-40 renaissant, décrit une aile en flèche à profil supercritique et deux moteurs d'environ trois tonnes de poussée chacun, et présente le TL comme le précédent de cette approche.
Deux moteurs ou trois ? Un dossier contradictoire
Les sources ne concordent pas. La liste de variantes en anglais, fondée sur le livre OKB Yakovlev de Yefim Gordon, Dmitry et Sergey Komissarov (Midland Publishing, 2005), décrit le Yak-40TL comme une version améliorée proposée, qui devait être propulsée par trois turbosoufflantes Lycoming LF 507, et attribue l'architecture bimoteur, avec des moteurs LF507-1N et une aile légèrement en flèche, à une autre désignation : le Yak-40L, programme conjoint de Skorost et Textron Lycoming. Military Factory se contredit : son récit donne au TL trois moteurs AI-25T, tandis que sa liste de variantes lui donne trois LF507. Le récit russe, lui, décrit le TL avec deux LF507-1H et une aile en flèche, ce qui correspond exactement à ce que les autres sources attribuent au Yak-40L. Les deux désignations peuvent renvoyer à des étapes d'une même étude Lycoming, mais aucune source disponible ne le confirme ; cette page consigne donc le désaccord plutôt que de le trancher. Wikipédia en russe, la source la plus riche sur les sous-variantes du Yak-40, ne mentionne pas du tout le TL.
Un projet qui n'a pas survécu aux années 1990
Là où toutes les sources s'accordent, c'est sur l'issue : le Yak-40TL est resté à l'état de projet. Le récit russe dit qu'il n'a pas survécu aux années 1990, comme beaucoup d'autres de l'époque, et qu'on s'en souvient rarement aujourd'hui. Aucune des sources consultées ne donne de date de début ou de fin des travaux, ni ne mentionne de prototype, d'immatriculation ou de vol.
L'idée revient
Remplacer les trois AI-25 par deux moteurs modernes n'est pas mort avec lui. En 2012, l'institut de recherche SibNIA de Novossibirsk a entrepris, de sa propre initiative, de remotoriser un Yak-40 avec des moteurs Garrett TFE731, en remplaçant d'abord un puis deux moteurs ; ces travaux ont donné le Yak-40MS puis, plus tard, le STR-40DT à aile en composite, sur lequel SibNIA a achevé les travaux en juillet 2019. Ces appareils ont leurs propres pages ; le TL est leur précurseur non construit de l'ère Lycoming.