Variante du Yakovlev Yak-40
Yakovlev Yak-40 STR-40DT
Démonstrateur technologique construit par l'Institut sibérien de recherche aéronautique (SibNIA) sur son propre Yak-40 bimoteur (immatriculation 87216) : deux turbosoufflantes Garrett TFE731-5BR, un groupe auxiliaire de puissance à la place du moteur central et une nouvelle aile entièrement en composite, de plus grande envergure et de plus petite surface, dotée de winglets. Il a volé pour la première fois le 4 décembre 2018 à Novossibirsk ; le programme a été clos en juillet 2019.
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- 4 décembre 2018
- Premier vol
- 1
- Exemplaires construits
Histoire
De la remotorisation à un contrat ministériel
Le STR-40DT n'est pas né comme un avion nouveau mais comme la deuxième étape de travaux que l'Institut sibérien de recherche aéronautique S. A. Tchaplyguine (SibNIA) de Novossibirsk avait entrepris de sa propre initiative en 2012 : la remotorisation du triréacteur Yak-40. L'institut estimait que plus d'une centaine de Yak-40 avaient encore au moins dix ans de durée de vie de cellule, et voulait répéter ce qu'il avait déjà fait avec le biplan An-2 dans sa version TVS-2MS : remplacer d'abord les moteurs d'une flotte dont les cellules étaient utilisables, puis exploiter cette expérience pour un démonstrateur technologique. Il prit la cellule 40-04, construite à l'usine de Saratov en 1975, et en fit un laboratoire volant immatriculé 87216. Avec un TFE731-3 et deux AI-25, il a volé le 8 décembre 2012 ; avec deux TFE731-3 et l'AI-25 central, le 20 mai 2013 ; et le 29 novembre 2016, il a décollé en bimoteur, avec des moteurs TFE731-5BR de 2 154 kgf chacun et le troisième moteur remplacé par un groupe auxiliaire de puissance. Cette configuration, le Yak-40MS, est la base directe du STR-40DT. Le bureau d'études Yakovlev est resté à l'écart : selon SibNIA, il a fait comprendre qu'il n'avait aucun intérêt à travailler sur l'appareil.
Entre-temps, le ministère de l'Industrie et du Commerce avait chargé l'institut, dans le cadre du programme fédéral d'aviation civile, d'étudier des avions pour les lignes locales et régionales : un contrat de 889 millions de roubles pour 2013-2014 et un autre de 440 millions en 2015. De là est sorti l'avant-projet du LMS-19 « avion léger polyvalent », de 19 à 32 places, à cellule entièrement en composite mais dérivé du Yak-40. À partir de 2017, le ministère a financé un nouveau projet de recherche et développement, de plus de 675 millions de roubles, pour intégrer les technologies d'une future plateforme d'avions légers destinés aux compagnies locales. C'est dans ce cadre que le bimoteur a reçu sa nouvelle désignation : STR-40DT, « avion à réaction 40, démonstrateur technologique ».
Une aile en composite pour voler vite
L'objectif affiché était de transposer à un avion à réaction, volant à 600-700 km/h, les techniques de construction en composite que SibNIA avait mises au point pour le biplan TVS-2DTS, et de montrer, selon les termes de l'institut, qu'elles pouvaient multiplier par deux ou trois la productivité d'un nouvel avion et réduire de moitié son coût de production. En 2018, l'aile métallique du Yak-40 a été purement et simplement remplacée par une aile entièrement en composite, allongée, de plus grande envergure et de plus petite surface, terminée par des winglets : le contraire de ce que veut un avion à décollage court, et exactement ce dont a besoin un croiseur rapide et économique. Le fuselage est resté celui d'origine. Les moteurs étaient deux Garrett TFE731-5BR de plus de 2 100 kgf chacun, obtenus après révision ; dans la baie du moteur central se trouvait un groupe auxiliaire de puissance Garrett 3092 avec un générateur de 9 kVA, qui alimentait les systèmes au sol et permettait un démarrage des moteurs électrique plutôt que pneumatique.
Le calendrier a glissé. Le premier vol avait été annoncé pour fin 2017 ; en avril de cette année-là, le directeur scientifique de SibNIA, Alexeï Serioznov, avait aussi annoncé des projets de fuselage en composite menant à un prototype entièrement en composite, et le 7 juin 2018, il a répété que le démonstrateur serait présenté avant la fin de l'année. Il le destinait au Grand Nord russe, avec un long rayon d'action et des coûts d'entretien ne dépassant pas 250 dollars par heure de vol.
Décembre 2018
Le 4 décembre 2018, le STR-40DT a décollé pour la première fois de Yeltsovka, l'aérodrome de l'usine aéronautique Tchkalov à Novossibirsk. Il était piloté par un équipage dirigé par Igor Moseïkine, chef du centre de certification aéronautique de SibNIA, et des photographies du vol publiées sur RussianPlanes.net en furent la première preuve publique. La nouvelle phase d'essais visait à obtenir des données et des statistiques supplémentaires et à affiner les techniques du composite dans l'aile d'un avion à réaction léger.
En juillet 2019, SibNIA a déclaré les travaux achevés. Selon l'institut, deux moteurs au lieu de trois et l'aile en composite ont porté la vitesse de croisière à 700 km/h, contre 500 km/h pour le Yak-40, et réduit la consommation de carburant à 560-590 kg par heure, contre 1 150 ; le prototype volant satisfaisait aux exigences du programme ministériel. Un seul exemplaire a été construit.
L'avion qui n'est jamais venu
Le STR-40DT devait précéder un avion de 19 places, extensible à 32, entièrement construit en composites (fuselage, aile, empennages, gouvernes, portes et escalier), avec un cockpit numérique et seul le train d'atterrissage hérité du Yak-40. Sur le papier, il aurait emporté 3 200 kg, contre 2 720 kg pour le Yak-40 avec le même fuselage ; pesé 8 500 kg à vide et 13 000 kg au décollage normal ; croisé à 650-700 km/h avec une autonomie de plus de 4 000 km, un plafond de 9 500-10 000 m, une course au décollage de 800 m et une course à l'atterrissage de 600 m ; et SibNIA lui attribuait une consommation de carburant inférieure de 15 à 20 % à celle du Dassault Falcon 900, un triréacteur aux moteurs similaires. Le prix prévu était de 6 à 6,5 millions de dollars et, dès 2016, le directeur Vladimir Barsouk évoquait une version à deux AI-222-25 pour 30 à 40 places et 5 000 km. Le développement a été suspendu en 2019, probablement parce que le ministère a choisi de construire en Russie le turbopropulseur tchèque L-410 à la place.