Variante du McDonnell Douglas F-4 Phantom II
McDonnell Douglas F-4 Phantom II RF-4B
Le RF-4B, désigné à l'origine F4H-1P, fut la version de reconnaissance tactique du F-4B développée exclusivement pour le corps des Marines des États-Unis. Doté d'un nez allongé pour loger trois baies de caméras, d'un radar plus petit, d'un radar à vision latérale et d'un capteur infrarouge, il vola pour la première fois le 12 mars 1965 et 46 exemplaires furent construits. Désarmé et volant seul, il opéra au-dessus du Vietnam à partir de 1966 et servit jusqu'en 1990, date à laquelle l'escadron VMFP-3, qui rassemblait toute la flotte, fut dissous.
Fiche du McDonnell Douglas F-4 Phantom II
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- 12 mars 1965
- Premier vol
Histoire
Origine et développement
Lorsque le Phantom II s'imposa comme chasseur embarqué de l'US Navy et des Marines au début des années 1960, sa combinaison de vitesse, d'autonomie et de capacité d'emport en fit un candidat naturel pour une mission bien différente : la reconnaissance photographique tactique. L'US Air Force développa pour cela le RF-4C, qui deviendrait la version de reconnaissance la plus nombreuse de la famille. Le corps des Marines, qui avait besoin d'un avion propre pour ses escadrons composites de reconnaissance (VMCJ), obtint sa propre variante à partir du F-4B naval : le F4H-1P, redésigné RF-4B sous le système unifié de désignations de 1962.
Le premier RF-4B vola le 12 mars 1965. La production fut réduite, à la mesure de la taille de la communauté de reconnaissance des Marines : 46 exemplaires, tous destinés au corps des Marines, son unique utilisateur. Ce fut, de loin, la version de reconnaissance la moins nombreuse du Phantom, très loin des centaines de RF-4C de l'US Air Force ou des RF-4E exportés.
Différences par rapport au F-4B
La transformation du chasseur en avion de reconnaissance se concentra sur le nez, allongé de 4 pieds 9 pouces (1,45 m) pour loger l'équipement de capteurs. Le grand radar d'interception du F-4B céda la place à un AN/APQ-99 plus petit, et l'espace ainsi gagné fut consacré à trois baies de caméras. La configuration type plaçait une caméra KS-87, pour des prises de vue obliques frontales ou verticales, en position 1 ; une KS-76 panoramique basse altitude en position 2 ; et une KA-55A ou KA-91 panoramique haute altitude en position 3. Les caméras KS-72 ou KS-87 étaient montées sur des supports pivotants orientables en vol, une amélioration substantielle par rapport au RF-4C, dont les caméras ne pouvaient être réglées qu'au sol.
Le RF-4B ne dépendait pas uniquement de la photographie optique. Il emportait un radar à vision latérale AN/APQ-102 pour la reconnaissance radar, un système de reconnaissance infrarouge AN/AAD-4 et un ensemble de contre-mesures électroniques ALQ-126. Ce qu'il n'emportait pas, c'était de l'armement : le RF-4B volait seul et désarmé, et son équipage n'avait d'autre défense que la vitesse et les limites de l'artillerie antiaérienne ennemie.
Service opérationnel
Les RF-4B entrèrent en service dans le corps des Marines en 1965 et partirent rapidement en guerre. L'escadron VMCJ-1 « Golden Hawks » effectua la première mission de reconnaissance photographique du type le 3 novembre 1966 depuis Da Nang, où il resta jusqu'en 1970. Les escadrons VMCJ-2 et VMCJ-3 lui fournirent des avions tout au long de cette période. Le bilan du détachement fut remarquable : aucun RF-4B perdu et un seul appareil endommagé par le feu antiaérien, bien que la liste générale des variantes comptabilise quatre RF-4B perdus au Vietnam sur l'ensemble du conflit.
Le profil de mission explique à la fois le risque et la chance. La reconnaissance exigeait de voler en ligne droite et à altitude constante à 5 000 pieds pendant la prise des photographies, sans possibilité de manœuvres d'évitement ; la survie dépendait, littéralement, des lacunes des défenses antiaériennes. Le général des Marines John R. Dailey résuma plus tard le sentiment des équipages : tous ceux qui volaient sur RF-4 auraient voulu un canon à bord.
En 1975, la flotte fut regroupée en une seule unité, le VMFP-3, créé cette année-là à la base aéronavale du corps des Marines d'El Toro, en Californie, et connu comme « The Eyes of the Corps », les yeux du Corps. Cette même année, les avions passèrent par le Project SURE (Sensor Update and Refurbishment Effort), une modernisation des capteurs et une remise en état des cellules. Le VMFP-3 fut dissous en août 1990, lorsque le système de reconnaissance aéroporté ATARS, intégré au F/A-18D Hornet, reprit la mission ; le RF-4B fut alors retiré du service.
Héritage
Le RF-4B fut une variante réduite en nombre mais singulière dans sa conception : le seul Phantom de reconnaissance naval, exclusif aux Marines, et celui qui introduisit les caméras orientables en vol dont le RF-4C de l'US Air Force était dépourvu. Il couvrit toute la guerre du Vietnam depuis Da Nang et survécut jusqu'au seuil des années 1990, refermant l'histoire du Phantom comme plateforme de reconnaissance habitée dans l'aviation navale américaine.