Variante du Lockheed Vega
Lockheed Vega 1
Le Lockheed Vega d'origine (1927) : monoplan à aile haute cantilever, fuselage monocoque en contreplaqué moulé, emportant un pilote et quatre passagers grâce à un moteur en étoile Wright Whirlwind J-5 de 225 ch. Vingt-huit exemplaires furent construits, plus six fuselages ; l'un d'eux, le NX3903, réalisa la première traversée aérienne de l'Arctique.

- 4 juillet 1927
- Premier vol
- 28
- Exemplaires construits
- 1 448 km
- Distance franchissable
- 4
- Passagers
Histoire
Bois, moule et vitesse
Le Vega 1 est la première version du Lockheed Vega et celle qui fixa la formule de toute la famille. Il fut conçu par John Knudsen Northrop et Gerald Vultee — qui fonderaient tous deux plus tard leur propre société — avec Tony Stadlman, selon aerofiles, à l'origine pour desservir les lignes aériennes de Lockheed lui-même. Le cahier des charges demandait un appareil à quatre passagers plus le pilote, robuste et en même temps l'un des plus rapides de son époque. La recette comprenait un fuselage monocoque en bois, des ailes cantilever recouvertes de contreplaqué sans haubans ni mâts, et le meilleur moteur disponible.
La méthode de construction était saisissante. Dans un grand moule en béton, une demi-coque de fuselage était stratifiée par sections, avec de la colle entre chaque couche ; une vessie en caoutchouc y était ensuite descendue puis gonflée pour plaquer le stratifié contre le moule. Les deux moitiés étaient clouées et collées sur une structure construite séparément. Comme le longeron ne pouvait pas traverser un tel fuselage, l'aile à longeron unique était montée au-dessus. Les premiers exemplaires volaient sans capot NACA, cylindres à l'air, et le prototype avait une petite dérive que les versions ultérieures agrandirent.
Moteur et performances
Le Vega 1 utilisait le moteur en étoile à neuf cylindres Wright Whirlwind J-5 de 225 ch (environ 168 kW) ; Wikipédia indique qu'il pouvait recevoir n'importe lequel des sous-types J-5, J-5A, J-5AB ou J-5C, et This Day in Aviation précise que les premiers Vega utilisaient le J-5C, donné pour 200 ch à 1 800 tr/min et 225 ch à 2 000 tr/min, à entraînement direct et faisant tourner une hélice bipale Hamilton Standard. Selon la même source, l'appareil mesurait 8,38 m de long, avec une envergure de 12,50 m et une hauteur de 2,49 m, pesait 851 kg à vide et 1 574 kg en charge maximale, et croisait à 190 km/h pour une vitesse maximale de 222 km/h (Wikipédia indique 217 km/h). Aerofiles attribue à cette version une charge utile d'environ 703 kg, un atterrissage à environ 80 km/h et un rayon d'action d'environ 1 448 km. Le certificat de type était l'ATC 49 et le prix catalogue de 13 500 dollars.
Premier vol et course Dole
Le prototype vola le 4 juillet 1927 à Mines Field, à Los Angeles, piloté par Eddie Bellande selon aerofiles. Ce premier appareil (n° 2788, immatriculé plus tard NX913) fut acheté par l'éditeur George Hearst pour la course aérienne Dole entre Oakland et Hawaï, parrainée par James D. Dole, qui partit le 16 août 1927. Baptisé Golden Eagle et piloté par John « Jack » Frost avec Gordon Scott comme navigateur, il disparut en mer sans laisser de trace. Cette perte ne freina pas les ventes : les commandes privées se succédèrent rapidement et, selon Wikipédia, 68 Vega de toutes versions avaient été produits à la fin de 1928.
Production
Aerofiles chiffre la production du Vega 1 à 28 appareils plus six fuselages. Plusieurs furent convertis par la suite : Wikipédia affirme que deux Vega 1 devinrent des Vega 2D après l'installation d'un Pratt & Whitney Wasp de 300 ch (la Wikipédia espagnole parle d'un Wasp Junior), bien qu'aerofiles ne recense qu'une seule conversion en 2D, un hydravion.
Première traversée de l'Arctique
Le Vega 1 le plus célèbre fut le NX3903, troisième Vega construit. Équipé de skis, avec Carl Ben Eielson comme pilote et George Hubert Wilkins comme navigateur, il décolla de Point Barrow, en Alaska, le 15 avril 1928, après une tentative manquée une semaine plus tôt au cours de laquelle un vent de travers avait endommagé les skis métalliques ; un jeu de skis de rechange en bois fut monté. Ils survolèrent les îles de l'Arctique canadien et le nord du Groenland en direction du Spitzberg. Près du pôle magnétique, le compas était inutilisable, et Wilkins navigua au sextant à bulle sur le soleil qui ne se couchait jamais. Face à des vents contraires, à des températures de -45 °C et à une tempête de neige finale, ils se posèrent, presque à court de carburant, sur l'île Deadman, au large de Danskøya, où ils restèrent bloqués quatre jours. En redécollant et en montant à 914 m, ils aperçurent les pylônes radio de Grønfjorden, leur destination. Ils avaient parcouru environ 3 540 km en une vingtaine d'heures : la première traversée aérienne de l'Arctique. Roald Amundsen déclara qu'aucun vol réalisé nulle part, à aucune époque, ne pouvait lui être comparé. Selon la Wikipédia espagnole, le même X3903, sur flotteurs, effectua aussi le premier vol d'exploration au-dessus de l'Antarctique.
Les records de 1928 et le Vega diesel
En 1928, le Vega Yankee Doodle (NX4769) battit des records transcontinentaux — les sources ne précisent pas sa désignation. Les 19 et 20 août, Arthur C. Goebel vola de Los Angeles à Garden City, dans l'État de New York, en 18 heures 58 minutes, premier vol sans escale d'ouest en est ; le 25 octobre, Charles B. D. Collyer battit le record sans escale d'est en ouest, établi en 1923 par l'Army Air Service, en 24 heures 51 minutes. Le 3 novembre, en tentant le trajet inverse, Collyer s'écrasa près de Prescott, en Arizona, et se tua avec le propriétaire, Harry J. Tucker.
.jpg)
Un Vega 1 connut aussi une seconde vie remarquable : en 1932, Clarence Chamberlin le convertit en sept places avec un moteur diesel Packard DR-980 de 225 ch. Baptisé Miss Teaneck, il emporta Ruth Nichols à environ 6 074 m le 14 février 1932, un record d'altitude pour moteur diesel qu'aerofiles décrivait comme toujours en vigueur.
Un avion exigeant
Le Vega n'était pas facile à poser. Elinor Smith écrivit qu'il avait « tout le potentiel de plané d'un rocher qui dégringole d'une montagne », et la chroniqueuse de Flying Lane Wallace nota qu'au décollage comme à l'atterrissage la visibilité vers l'avant était presque nulle.
Multimédia
.jpg)
.jpg)
.jpg)
_and_Scott_(2R)_(SDASM_10_0014590).jpg)
.jpg)

.jpg)