Variante du Embraer EMB 110 Bandeirante
Embraer EMB 110 Bandeirante P-95B
Second lot de Bandeirulhas de la FAB : dix EMB 111B achetés en 1988, dotés d'ECM, d'ESM, d'un FLIR et d'un plan horizontal à dièdre ; base de la modernisation P-95M avec radar Seaspray 5000E et poste de pilotage numérique livrée à partir de 2015.
Fiche du Embraer EMB 110 Bandeirante
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- Exemplaires construits
Histoire
P-95B est la désignation de l'armée de l'air brésilienne pour le second lot de Bandeirante Patrulha, l'EMB 111B, commandé en 1988 selon l'historiographie de la FAB elle-même (d'autres sources datent la commande de 1987 et les livraisons à partir de 1989). Dix appareils furent achetés, immatriculés FAB 7100 à 7109, et ils étaient équipés dès l'origine des contre-mesures électroniques (ECM), des équipements de mesures de soutien électronique (ESM) et de la tourelle FLIR qui étaient rétromontés la même année sur les P-95 d'origine lorsqu'ils devinrent des P-95A. Extérieurement, le P-95B se distingue par son plan horizontal à dièdre, comme sur la version de transport C-95C, et la littérature spécialisée lui attribue aussi une structure renforcée, une dérive légèrement modifiée et une avionique plus moderne, dont un radar Thorn EMI Super Searcher aux performances supérieures à celles de l'AN/APS-128 du premier lot. Comme tous les Bandeirulha, chaque appareil reçut le nom d'un oiseau marin ou d'une créature marine : 7102 s'appelait « Camarão », 7104 « Fragata », 7105 « Guará » et 7107 « Urussanga ».
Les dix appareils furent d'abord affectés au 1º/7º Grupo de Aviação. L'appareil 7102 fut perdu dans un accident en 1990. En 1996, lorsque le 1º Grupo de Aviação Embarcada reçut des P-95A après le retrait de ses Grumman Tracker, les P-95B passèrent du 1º/7º au 2º/7º GAv, l'Esquadrão Phoenix. En 2011, le 1º/7º GAv abandonna finalement le type en recevant des Lockheed P-3AM Orion, et depuis lors les P-95B sont concentrés dans les escadrons Phoenix (2º/7º GAv, Florianópolis) et Netuno (3º/7º GAv, Belém). Leur mission la plus largement médiatisée fut la recherche de l'Airbus A330 du vol Air France AF447 perdu au large de la côte brésilienne.
Pour le reste, le P-95B conserve la formule de l'EMB 111 d'origine, lui-même dérivé du transport EMB 110 : deux turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PT6A-34 de 750 ch, des réservoirs de bout d'aile de 318 litres qui, associés au renforcement de la voilure, portèrent la masse maximale au décollage à 7 000 kg, un projecteur, une navigation inertielle et des points d'emport sous voilure pour roquettes non guidées (six d'un calibre de 127 mm ou quatre nacelles de sept tubes de 70 mm), grenades anti-sous-marines ou bombes. L'équipage de base reste de cinq personnes : deux pilotes, un opérateur radar et deux observateurs. Son travail quotidien consiste en la surveillance aérienne des eaux territoriales brésiliennes, la police maritime contre la pêche illégale et la piraterie, et la recherche et le sauvetage, missions pour lesquelles, selon la FAB, la capacité de tir de roquettes a été conservée après la modernisation.
En 2008, la FAB sélectionna neuf P-95B pour une modernisation vers un nouveau standard, d'abord appelé P-95BM puis finalement P-95M. Le programme, réalisé au Parque de Material Aeronáutico dos Afonsos à Rio de Janeiro avec AEL Sistemas de Porto Alegre comme intégrateur, remplaça le tableau de bord analogique de la fin des années 1970 par quatre écrans numériques améliorant la conscience de la situation et la sécurité de l'équipage, ajouta la climatisation, de nouvelles communications, une tourelle FLIR et une suite de contre-mesures électroniques, et installa un radar Seaspray 5000E de 48 kg capable de détecter un grand navire jusqu'à 370 km, de suivre 200 cibles simultanément, de cartographier le terrain et de détecter des aéronefs. Les premières livraisons étaient prévues pour 2015 et, effectivement, en septembre de cette année-là, AEL remit à la FAB le premier P-95M, le 7103, pour l'Esquadrão Phoenix ; à cette date, le nombre d'appareils à moderniser avait été réduit à huit. Avec le P-95M, une cellule conçue au milieu des années 1970 continue de veiller sur les eaux territoriales brésiliennes aux côtés du P-3AM Orion.