Variante du Dassault Mirage III

Dassault Mirage IIID

Version d'entraînement biplace du Mirage IIIE (D pour « double commande »), destinée aux clients à l'exportation, avec le moteur Atar 09C, sans radar et avec des bavettes sous le nez. La désignation nue est surtout documentée en Australie, où 16 exemplaires furent assemblés pour la RAAF (A3-101 à A3-116) en deux lots ; d'autres clients reçurent des biplaces quasi identiques sous leurs propres suffixes.

Fiche du Dassault Mirage III

Dassault Mirage IIID
Avion de chasse Dassault Mirage III J-2012 (HB-RDF) des Forces aériennes suisses, 2014 (Ank Kumar, Infosys Limited 04)Ank Kumar (CC BY SA), vía commons
16
Exemplaires construits

Histoire

Le Mirage IIID est la version d'entraînement biplace du Mirage IIIE. Les sources françaises expliquent la lettre : D signifie « double commande », et décrivent le type comme la version école du IIIE destinée à l'exportation. Son origine remonte au moment où le premier Mirage IIIC s'orientait vers la production en série et où Dassault se tourna vers un dérivé polyvalent d'attaque ; cet effort donna naissance au Mirage IIIE monoplace, et un biplace d'entraînement compagnon fut développé sous la désignation IIID. Il est propulsé par le turboréacteur SNECMA Atar 09C, donnant 41,97 kN à sec et 58,84 kN avec réchauffe, et se reconnaît à ses bavettes caractéristiques montées sous le nez.

En tant qu'avion-école, le IIID renonçait à une partie des capacités du monoplace. Les sources en espagnol le résument comme un biplace à capacité de combat réduite, avec une capacité en carburant diminuée et sans radar. La documentation australienne décrit la conversion réalisée : le radar de nez Cyrano II fut retiré, un second poste de pilotage fut installé derrière le premier et l'avionique fut relogée dans le nez.

Dassault Mirage IIID
RAAF Dassault Mirage IIID A3-102 « Daphne De Dual », centre patrimonial Fighter World, Nouvelle-Galles du Sud

La désignation ne correspond pas à une configuration unique et figée. Les documents recueillis indiquent qu'un appareil quasiment identique était désigné Mirage IIIBE, IIID ou 5Dx selon le client. La version de l'armée de l'air française était le IIIBE, et certains clients obtinrent ce même biplace sous la désignation générale IIID, avec seulement des différences mineures d'équipement. Les exportations d'appareils neufs de ce type allèrent à Abou Dabi, l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Égypte, le Gabon, la Libye, le Pakistan, le Pérou, l'Espagne, le Venezuela et le Zaïre, et bon nombre d'entre eux portaient un suffixe de pays (IIIDA, IIIDBR, IIIDE, IIIDP, IIIDS, IIIDZ) traité dans sa propre fiche. L'Argentine, par exemple, acheta deux IIID aux côtés de dix IIIE en 1970, et ils furent désignés IIIDA une fois en service.

L'usage le mieux documenté de la désignation nue est celui de l'Australie. Après l'annonce par le ministre de la Défense de la première commande de chasseurs Mirage IIIO le 15 décembre 1960, des contrats ultérieurs ajoutèrent dix biplaces désignés Mirage IIID. Ils n'étaient entièrement construits dans aucun des deux pays : les fuselages étaient fabriqués en France et équipés de voilures et d'empennages verticaux construits par la Commonwealth Aircraft Corporation, tandis que les Government Aircraft Factories agissaient comme maître d'œuvre pour l'assemblage et l'achèvement. Le premier d'entre eux, A3-101, vola le 6 octobre 1966 et fut réceptionné par la RAAF le 10 novembre de la même année ; le premier lot, A3-101 à A3-110, fut livré entre 1966 et 1968. Six autres (A3-111 à A3-116) furent commandés au début de 1971 et construits entre 1973 et 1974 ; cet achat coûta 11 millions de dollars australiens et permit à la RAAF de retirer ses vieux avions-écoles Sabre. Avec les deux lots, l'Australie reçut 16 IIID ; une source anglophone les appelle également Mirage IIIO(D) et les décrit comme des avions-écoles de transition.

Au sein de la RAAF, les biplaces furent principalement mis en œuvre par la No 2 Operational Conversion Unit de Williamtown, qui assurait la transformation sur Mirage mono- et biplaces, ainsi que par l'Aircraft Research and Development Unit d'Edinburgh, en Australie-Méridionale, qui utilisait les deux versions pour des essais de développement. Le Mirage fut retiré du service de la RAAF en 1988. Les sources divergent sur le nombre de biplaces alors cédés au Pakistan : les récits français et australiens font état de sept biplaces parmi les 50 appareils vendus, tandis que l'article anglophone sur le Mirage III en mentionne huit. Le Pakistan connaissait déjà le type, sa commande initiale de Mirage III comprenant trois avions-écoles IIID, et son No 22 Squadron basé à Masroor recense le IIID parmi ses Mirage. L'Afrique du Sud reçut elle aussi trois biplaces IIID lors d'une commande complémentaire.

Plusieurs exemplaires australiens ont survécu. Le A3-102, surnommé « Daphne De Dual », est exposé au centre patrimonial Fighter World de Williamtown à côté du monoplace A3-3 ; le A3-115, ancien avion de garde de la base RAAF d'Edinburgh, est exposé au South Australian Aviation Museum de Port Adelaide ; et la section de queue du A3-116 est conservée par le No 331 Squadron des Australian Air Force Cadets à Coffs Harbour.

Multimédia

Dassault Mirage IIID
RAAF Dassault Mirage IIID A3-102 « Daphne De Dual », centre patrimonial Fighter World, Nouvelle-Galles du Sud
Dassault Mirage IIID
RAAF Dassault Mirage IIID A3-102, journée portes ouvertes de la base RAAF de WilliamtownKeith219 (CC BY SA), vía commons
Dassault Mirage IIID
RAAF Dassault Mirage IIID A3-102, journée portes ouvertes de la base RAAF de Williamtown (avant tribord)Keith219 (CC BY SA), vía commons
Dassault Mirage IIID
RAAF Dassault Mirage IIID A3-105 (épave), Darwin Aviation Museum, 2023 (02)Bahnfrend (CC BY SA), vía commons
Dassault Mirage IIID
RAAF Dassault Mirage IIID A3-105 (épave), Darwin Aviation Museum, 2023 (01)Bahnfrend (CC BY SA), vía commons