Variante du Consolidated B-24 Liberator
Consolidated B-24 Liberator F-7
Le F-7 était la version de reconnaissance photographique et de cartographie aérienne du B-24 Liberator : des bombardiers convertis dans les centres de modification de l'Army, qui troquaient les bombes contre des batteries d'appareils photo et du carburant supplémentaire, et que les US Army Air Forces employèrent surtout pour cartographier des régions mal connues du Pacifique et du théâtre Chine-Birmanie-Inde.
Fiche du Consolidated B-24 Liberator

Histoire
L'autonomie du Liberator, bien supérieure à celle des chasseurs adaptés qui assuraient l'essentiel de la reconnaissance photographique, en faisait un candidat naturel pour une tâche que la guerre dans le Pacifique et en Asie rendait urgente : photographier et cartographier d'immenses territoires pour lesquels il n'existait aucune carte fiable. Dans la nomenclature des US Army Air Forces de l'époque, la lettre « F » désignait les avions de reconnaissance photographique, et ainsi naquit la famille F-7. Elle ne sortit pas des chaînes de Consolidated mais des centres de modification de l'Army, qui convertissaient des bombardiers déjà construits.
Le point de départ fut le XF-7, un B-24D dépouillé de son équipement de bombardement et doté de onze appareils photo répartis entre le nez, la soute à bombes et le fuselage arrière ; l'encyclopédie en langue espagnole consultée le date de 1943 et ajoute que des réservoirs de carburant auxiliaires furent installés dans la soute à bombes avant. Suivirent quatre F-7, convertis par le Northwest Modification Centre de St. Paul (Minnesota) et pour l'essentiel identiques au prototype. Une source consacrée au 24th Combat Mapping Squadron indique que les premiers F-7 arrivèrent en janvier 1943, qu'ils conservaient tout l'armement défensif du bombardier et que la plupart des conversions furent réalisées à Lowry Field, à Denver, d'autres l'étant à la base de maintenance de Northwest Orient Airlines à Minneapolis. Les listes générales de variantes font en revanche dériver le F-7 du B-24H (bloc FO), une divergence que les sources ne tranchent pas.
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La version construite en plus grand nombre fut le F-7A, basé sur le B-24J à tourelle de nez : 89 appareils furent convertis. Son nez abritait une installation trimétrogone, trois appareils photo prenant simultanément des vues verticales et obliques du sol qui se chevauchaient, avec une fenêtre supplémentaire dans la partie inférieure des flancs du nez pour les appareils latéraux, et deux appareils verticaux dans la soute à bombes arrière pour la photographie stéréoscopique. Ces fenêtres constituaient son signe distinctif. La soute avant contenait du carburant supplémentaire, tandis que la soute arrière était close pour former un compartiment destiné aux techniciens photographes et à l'équipement de climatisation qui maintenait les appareils et les longs rouleaux de film à température constante. Le F-7A conservait lui aussi son armement défensif complet.
Le F-7B fut la dernière version photographique : tous les appareils photo passèrent dans la soute à bombes, et 124 avions furent convertis, 122 à partir de B-24J et deux à partir de B-24M. Les sources divergent sur le nombre d'appareils photo (cinq selon l'article spécialisé, six selon les listes générales) et sur la répartition exacte entre F-7A et F-7B, mais elles s'accordent sur le nombre total de conversions.
Les F-7 servirent sur presque tous les théâtres. Ils furent employés par le 1st Photographic Group (cartographie aux États-Unis), le 2nd Reconnaissance Group et le 9th Photographic Group (entraînement), le 6th Reconnaissance Group (Pacifique Sud-Ouest), le 8th (Inde), le 11th Photographic Group (cartographie mondiale), le 25th Bombardment Group (reconnaissance depuis la Grande-Bretagne) et le 68th Reconnaissance Group (Afrique du Nord et Italie). Trois de ces groupes se consacraient à la cartographie, une mission pour laquelle l'autonomie du Liberator était idéale.
Dans le Pacifique, le 20th Combat Mapping Squadron du 6th Photographic Group fit voler des F-7A et des F-7B d'avril 1944 au 31 août 1945. Son échelon au sol atteignit Sydney en octobre 1943 et, via Brisbane et Port Moresby, s'installa à Nadzab, en Nouvelle-Guinée, où l'échelon aérien arriva en mars 1944 ; il progressa ensuite par Biak, Leyte, Mindoro, Clark Field et Okinawa. Le 15 juin 1945, à Manille, il devint le 20th Reconnaissance Squadron, Long Range, Photographic-RCM, et ajouta à ses tâches le renseignement radar avec des B-24J « ferrets ».

Sur le théâtre Chine-Birmanie-Inde, le 24th Combat Mapping Squadron arriva à Guskhara, en Inde, en janvier 1944 avec des F-7A. Ses premières missions, en mars 1944, appuyèrent les Tenth et Fourteenth Air Forces, et il cartographia aussi la Birmanie pour la 14e armée britannique, avec des détachements sur des bases avancées en Chine. Il cartographia la Chine, la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande et la Birmanie, les ports chinois utilisés par le Japon, ainsi que la route aérienne au-dessus de l'Himalaya, « la Bosse » (the Hump), sur une bande de 50 milles de large entre Calcutta et Kunming pour l'Air Transport Command. Ses F-7A transportèrent aussi du fret par-dessus la Bosse : 182 traversées en 1944, souvent au-delà de la masse brute maximale, et six appareils perdus cette année-là sur ces seuls vols. La météo était le pire ennemi : la moitié de toutes les missions échouèrent à cause du mauvais temps sur la zone de l'objectif. L'escadron appartenait au 8th Photographic Reconnaissance Group, basé à Bally, dont les photographies alimentaient cartes, mosaïques et maquettes de terrain. Après la capitulation japonaise, un détachement basé à Sydney aida à cartographier l'Australie jusque tard en 1946, tandis que l'unité passait au F-13A, la version photographique du B-29.
Multimédia
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