Le saviez-vous…

Pourquoi un avion ne peut-il pas atterrir ?

Réponse directe

Un avion ne peut pas atterrir si les conditions de sécurité ne sont pas réunies : visibilité sous les minimums de la procédure, vent traversier ou arrière au-delà de la limite de l'appareil, piste occupée ou contaminée, approche déstabilisée, ou panne technique. Dans ces cas, le pilote remet les gaz et retente l'approche ou se déroute.

Pourquoi un avion ne peut-il pas atterrir ?
De Havilland Canada DHC-1A Chipmunk, Pennzoil Special

Les minimums météorologiques

Chaque approche a ses minimums, une hauteur et une visibilité en dessous desquelles le pilote ne peut pas poursuivre à moins que la piste ou ses feux ne soient en vue. Sur une approche ILS de précision de catégorie I, la hauteur de décision est d'environ 60 m (200 ft) ; en catégorie III, avec atterrissage automatique et un équipage qualifié, elle peut descendre à quelques mètres seulement, voire s'affranchir totalement de hauteur de décision. Si la piste n'est pas visible à ce stade, l'atterrissage ne peut pas être mené à terme. Il en va de même pour le brouillard, les nuages bas ou les fortes pluies qui font chuter la visibilité en dessous de ce qui est publié pour cette piste.

Le vent et l'état de la piste

Chaque type d'avion a une composante de vent traversier maximale démontrée et une limite de vent arrière, typiquement 18 km/h (10 kt) et parfois 15 kt. Les rafales et le cisaillement de vent, des changements brusques de vent près du sol, peuvent empêcher un atterrissage même par visibilité parfaite. La piste doit aussi être opérationnelle : contaminée par la neige, le givre ou de l'eau stagnante au-delà des limites, occupée par un autre aéronef ou véhicule, ou avec une longueur utilisable réduite à cause de travaux, et l'approche est interrompue. Un incident sur la piste peut la fermer pendant des heures et forcer des dizaines de vols à se dérouter.

Approche déstabilisée et pannes techniques

Les compagnies aériennes exigent que l'approche soit stabilisée à partir d'une hauteur donnée, typiquement 300 m (1 000 ft) en conditions aux instruments : sur la bonne trajectoire, avec une vitesse, une configuration et un taux de descente dans les tolérances. Si ce n'est pas le cas, la règle est de remettre les gaz sans discussion, car les approches instables sont un facteur récurrent des sorties de piste. Une panne technique peut aussi empêcher d'atterrir à l'endroit prévu : un train d'atterrissage qui ne sort pas ou ne se verrouille pas, un problème de freins ou de volets qui allonge la distance d'atterrissage au-delà de ce que permet la piste, ou une anomalie qui impose de brûler ou de larguer du carburant avant de se poser.

Remettre les gaz n'est pas une urgence

Interrompre un atterrissage est une procédure entraînée, prévue dans chaque approche. Le pilote applique la puissance de décollage, rentre les volets et le train, monte à l'altitude publiée, et décide de retenter l'approche, d'attendre ou de se dérouter vers l'aéroport de dégagement, pour lequel du carburant de réserve est toujours emporté. Pour le passager, c'est une frayeur ; pour l'équipage, c'est l'application d'une marge de sécurité prévue bien à l'avance.

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