Le saviez-vous…
Combien coûte le décollage d'un avion ?
Réponse directe
Il n'existe pas de redevance de décollage en tant que telle : l'aéroport facture une redevance d'atterrissage couvrant tout le cycle, calculée par tonne de masse maximale, plus le carburant, les redevances de navigation et l'usure du moteur et du train, comptée par cycle. Pour un monocouloir, le total va de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros.

Ce que facture l'aéroport
Les exploitants d'aéroports, comme Aena en Espagne, facturent par opération une redevance d'atterrissage qui couvre aussi le décollage qui suit et qui dépend de la masse maximale au décollage, de la catégorie de l'aéroport et, dans certains cas, de l'heure de la journée et du niveau de bruit de l'appareil. S'y ajoutent la redevance par passager embarqué, la redevance de sûreté, la redevance de passerelle d'embarquement et le stationnement en aire de trafic. Un Airbus A320 dans un grand hub européen cumule, au titre de ces postes, un montant nettement plus élevé que dans un aéroport régional, et les compagnies low-cost choisissent en partie leurs bases en fonction de cette différence.
Le prix invisible : carburant et cycles
Le décollage et la montée initiale constituent la phase de vol la plus consommatrice : les moteurs à pleine puissance brûlent, en quelques minutes, une part importante du carburant d'une liaison courte. De plus, chaque décollage représente un cycle pour le moteur, le train d'atterrissage, les freins et la structure pressurisée, et la maintenance est planifiée par nombre de cycles. Les compagnies aériennes constituent une réserve de maintenance pour chaque cycle, si bien que décoller a un coût même si le vol ne dure que vingt minutes ; c'est pourquoi les liaisons très courtes sont les moins rentables au kilomètre.
Navigation et équipage
Dès que l'appareil se met en mouvement, le contrôle aérien facture : une redevance d'approche à l'aéroport et des redevances de route qu'Eurocontrol répartit entre les États survolés en fonction de la distance et de la masse de l'appareil. Les heures d'équipage, l'assurance et la location de l'appareil sont facturées par heure de vol, mais la part fixe de chaque rotation (embarquement, assistance au sol, roulage) est répartie sur moins d'heures quand le vol est plus court. En additionnant le tout, le secteur parle d'un coût par décollage plutôt que d'un prix unique, et c'est ce chiffre que chaque compagnie garde jalousement secret.
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