Variante du Mitsubishi A6M Zero
Mitsubishi A6M Zero A6M3 Tipo 0 Modelo 32
Première grande révision du Zero : moteur Nakajima Sakae 21 à compresseur à deux vitesses et ailes raccourcies à 11 m aux extrémités carrées. Plus rapide et plus vif en roulis, mais avec moins de rayon d'action, ce qui l'écarta de Guadalcanal ; les Alliés le prirent pour un nouvel appareil et le baptisèrent « Hamp ». Mitsubishi en construisit 343.

- 15 juillet 1941
- Premier vol
- 343
- Exemplaires construits
- 1 052 km
- Distance franchissable
Histoire
Origine : le Sakae 21 et le « second Zero »
Le Modèle 32 fut la première révision d'importance que reçut le Zero après son entrée en service. Son point de départ ne fut pas la cellule, mais le moteur : en 1941, Nakajima présenta le Sakae 21, une évolution du Sakae 12 dotée d'un compresseur à deux vitesses qui portait la puissance au décollage à 1 130 ch (831 kW) et promettait de meilleures performances en altitude. Un prototype de Zero remotorisé vola pour la première fois le 15 juillet 1941 ; les registres de production de Mitsubishi recensent un appareil pour chacun des mois de juin, juillet et août de cette année-là, correspondant à la série d'essais. Avant la guerre, la Marine fondait de grands espoirs sur ce « Zero amélioré » et envisagea même sa fabrication en masse chez Nakajima, titulaire de la licence. Lors du choix de la motorisation, le Mitsubishi Kinsei 50 fut également envisagé avant d'être écarté au profit du Sakae 21.
Les modifications
Le nouveau moteur était un peu plus long et plus lourd du fait de son compresseur, ce qui avançait le centre de gravité. Pour compenser, les bâtis moteur furent raccourcis et le moteur rapproché du cockpit (environ 185 mm selon les sources occidentales, environ 20 cm selon les sources françaises), au détriment du réservoir de fuselage situé entre le moteur et le pilote. Le capot fut redessiné avec des volets plus grands, une prise d'air du radiateur d'huile révisée et la prise d'air du carburateur déplacée vers la moitié supérieure, au lieu du « tunnel » inférieur des Modèle 21. La source japonaise chiffre le réservoir de fuselage à 60 l contre 145 l auparavant, et le réservoir largable passa de 330 à 320 l ; pour compenser, les réservoirs alaires passèrent de 380 à 420 l (430 l sur les derniers exemplaires), portant la capacité totale à environ 800 l.

Le changement le plus visible fut l'aile. Les extrémités repliables du Modèle 21 furent supprimées et l'aile fut raccourcie de 50 cm de chaque côté, ramenant l'envergure à 11,0 m et la surface à 21,54 m², avec des extrémités carrées. Le bord intérieur de l'aileron fut déplacé d'une nervure vers l'extérieur. Les canons de 20 mm restèrent les Type 99 Modèle 1 à canon court, mais leur dotation passa de 60 à 100 obus par arme grâce à des boîtes à munitions plus grandes, qui nécessitèrent un renflement sous chaque aile. Quelques cellules furent expérimentalement équipées du Type 99 Modèle 2 à canon long ou d'un canon Type 2 de 30 mm et envoyées à Rabaul. Le bureau d'études lui-même savait que les extrémités carrées n'étaient pas aérodynamiquement propres : l'adjoint au concepteur en chef, Yoshitoshi Sone, laissa noté comme affaire en suspens « arrondir les extrémités d'aile ».
Performances
Le Modèle 32 pesait 1 807 kg à vide et 2 535 kg en charge normale. Il atteignait 544,5 km/h à 6 000 m — seulement 11 km/h de plus que le Modèle 21 —, montait à 6 000 m en 7 minutes 5 secondes et avait un plafond de 11 050 m. L'aile plus courte améliora le roulis et la traînée réduite permit de porter la limite en piqué à 666,7 km/h. En contrepartie, le virage et surtout le rayon d'action — les deux points forts du Modèle 21 — pâtirent des ailerons plus petits, de la portance réduite et de la consommation accrue du moteur : 1 052 km en configuration normale et 2 134 km en surcharge, dans les deux cas après 30 minutes à pleine puissance, ce que la source japonaise chiffre à environ 15 % de moins que son prédécesseur et la source anglaise à près de 1 000 km de perte. Les premiers appareils souffrirent en outre de fréquentes pannes moteur.
Production
La Marine accepta le type et la production en série débuta en avril 1942 (4 unités cumulées entre février et avril), suivie de 24 en juin, 46 en juillet, 51 en août, 64 en septembre, 65 en octobre, 67 en novembre et 19 en décembre. Tous furent construits par Mitsubishi, qui en avait livré 250 fin octobre et produisait à un rythme de 2,2 appareils par jour ; les numéros de fabrication étaient formés en faisant précéder le numéro de série d'un « 3 », de sorte que le premier Modèle 32 fut le 3000. La production sous licence chez Nakajima fut annulée et cette entreprise continua de fabriquer le Modèle 21 jusqu'à la première moitié de 1944. La série s'arrêta à 343 appareils.
Le « problème du Zero n° 2 » dans les Salomon
La variante parvint aux unités à l'automne 1942, juste au moment où la campagne de Guadalcanal, débutée en août, exigeait des chasseurs de Rabaul qu'ils volent presque à la limite de leur rayon d'action pour combattre au-dessus de l'île et rentrer. Le Modèle 32 ne pouvait pas le faire, et le nouveau chasseur resta immobilisé à Rabaul tandis que le commandement local réclamait davantage de Modèle 21. L'affaire remonta jusqu'à l'état-major général naval : l'officier responsable du développement de la variante présenta sa démission et le plan de production du Zero fut révisé. Des pilotes chevronnés comme Motonari Suho, Iyozo Fujita et Saburo Sakai le considérèrent comme un recul en maniabilité et en rayon d'action. La réponse fut le Modèle 22, qui rétablit l'aile de 12 m et ajouta des réservoirs alaires. Une fois les pistes avancées de Buka et Buin (Bougainville) opérationnelles à l'automne 1942, le problème s'estompa : depuis Buin, un Modèle 32 pouvait combattre une heure au-dessus de Guadalcanal et rentrer. Une étude des enseignements du combat compilée par le capitaine de corvette Mitsugu Kofukuda au printemps 1943 soulignait comme avantage sa légèreté au roulis à haute vitesse.
« Hap », « Hamp » et les Alliés
Ses extrémités d'aile carrées firent croire aux services de renseignement alliés qu'il s'agissait d'un nouvel appareil. Il reçut d'abord le nom de code « Hap », en hommage au général Henry H. « Hap » Arnold, chef des forces aériennes de l'armée, qui s'y opposa ; le nom fut changé en « Hamp », et lorsqu'on comprit qu'il s'agissait d'une autre version du Zero, le nom fut abandonné. Le manuel d'identification de l'US Navy de juin 1943 le classait parmi les chasseurs les plus importants du Pacifique Sud. De nombreux exemplaires furent capturés ou abandonnés à Buna, Lae, Munda, Vila, Kahili et Ballale, parmi eux le 3036 (Buna, 27 décembre 1942) et le 3035 (Lae, septembre 1943). En octobre 1945, l'Armée démocratique unie du Nord-Est chinois s'empara de trois Modèle 32, les répara et les employa comme appareils d'entraînement dans son école d'aviation.
Survivants
Le 3318 (Y2-128), récupéré sur l'île de Taroa (Marshall) et restauré par Nakanihon Koku, fut exposé à l'aéroport de Nagoya jusqu'en 2004 et se trouve aujourd'hui au musée-mémorial de la Paix de Tachiarai (Fukuoka), seul exemplaire complet. Le fuselage du 3685 (Y2-176), récupéré à Taroa en 1991, est exposé à l'Imperial War Museum de Duxford depuis 2014, et la section arrière du 3032 (V-190) est conservée par Planes of Fame. Un dérivé équipé d'un turbocompresseur à gaz d'échappement, qui aurait dû devenir le Modèle 33, ne dépassa jamais le stade du projet.

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